Ma vie et moi
Y’A PAS QUE LE SPORT DANS LA VIE…QUOIQUE
Épisode 9: La distance ( ou des chiffres et des lettres )
495 km. C’est même pas drôle, même pas un semblant de rapport avec les 42,195km entre Marathon et Athènes….
495 km qui nous séparent géographiquement selon un certain site internet de calcul d’itinéraire. Ça fait beaucoup, ça fait loin. Près de 500km… alors que le dimanche soir, tu es là, juste de l’autre coté de mon écran, à côté de moi en train de lire par-dessus mon épaule, avec moi (et mes autres, dans mon esprit ) et à portée de doigts ( soit 6,3cm à peu près ).
Alors que tant de fois dans la semaine, dans la journée, tu es une petite bande de voilage invisible qui flotte derrière moi. Je te trimballe très souvent et un peu partout.
Personne ne comprend pourquoi je m’enferme devant mon écran pour absolument écrire un texte. Alors, que leur dire à ces proches qui sont aussi éloignés de moi à ce moment-là ? Que oui, je me rapproche d’un personne « inconnue » qui habite à des centaines de kilomètres de moi…? Comment pourraient-ils comprendre que cette distance n’est pas, n’est plus ? Et en me posant cette question, mesurent-ils la distance qui nous sépare, eux et moi, alors que nous sommes censés nous connaître ? La distance c’est tout ce qui nous sépare, dit-on. Alors pour une fois, la distance c’est ce qui nous a rapproché. (Rien d’indécent là-dedans, du calme Manu !?)
C’est juste oser franchir la barrière invisible de l’espace personnel de tout un chacun, cette bulle d’intimité, de trop-près pour les autres. Juste pour prendre dans ses bras ou ne serait-ce que pour poser une main sur une épaule… Dire « je suis là avec toi. ». Parcourir cette distance que , parfois, même avec nos très proches, nous n’arrivons plus à parcourir…
De la distance.
Je n’ai jamais aimé la géographie. La rebelle adolescente que j’étais se déclarait d’ailleurs « terrienne » lorsqu’il fallait remplir la case « nationalité ». Je n’ai jamais aimé ces pointillés sur les cartes, ni compris pourquoi les hommes se sont permis de diviser la terre de façon arbitraire ?? L’inventeur des chiffres devait être très influent à l’époque et a pu ainsi caser son stock de chiffres pour panneaux routiers : « Bordeaux 495km ».
Tous ces noms différents pour des pays voisins et identiques ou presque; ils se ressemblent par leur « fondation », leur relief, leur faune et leur flore, etc. Gaspillage. A quoi bon mesurer ce qui nous éloigne, nous sépare ? Juste par masochisme, pour le plaisir de se dire que « aaah comme c’est loin » et donc que c’est triste et « ahh, que je suis malheureux(se) ».
On pourrait remplacer ces implacables chiffres par des lettres et ça donnerait « Bordeaux, pas tout près mais ça peut l’faire » ou, en cours de route « La plage ? Non, vous n’êtes pas encore arrivés mais vous chauffez ! »… « Sète : Préparez les maillots! »
Un peu long ? Mooui. Et puis on ne mesure pas les distances en lettres. ( et puis l’éducation nationale a bien essayé de remplacer son échelle de notation de chiffres par des lettres et des appréciations et du coup, tout est flou ). Et la distance n’aime pas le flou. Elle se doit d’être précise.
D’ailleurs c’est pour ça que moi, je ne mesure les distances qu’en temps.
Aaaah, l’hérésie scientifique !! N’importe quoi ?!
Ben si.
Parce que du coup, Bordeaux, ce n’est plus que 4h44. Du coup, ça rentre dans le domaine du possible. Du presque proche… Je me moque du nombre de kilomètres parcourus ou à parcourir. Je sais que j’ai 3 minutes pour aller de la maison au boulot. Que la pédiatre est à ½ heure de route, et LA ville est à 40 minutes. La plage est à 1h dans un sens et la montagne 1h mais dans l’autre sens. Mes parents sont à 3h30 de porte à porte,et mes beaux-parents… bien plus loin. ( rooh, oui, c’était facile , surtout qu’en vrai, je sais qu’il y en a pour 2h 30 à partir de chez mes parents ). Le magasin de mobilier suédois le plus proche est à 2h de route, à mon grand désespoir pour ces fabuleuses petites galettes à l’avoine. Que si je téléphone à telle amie j’en ai pour 45 minutes au moins, que si je veux faire court avec ma grand-mère, il faut que j’appelle à l’heure des « feux de l’amour » .
Du temps qui met de la distance… ou de la distance qui met du temps ?
Aaah, j’aurai mis le temps… (ou la distance) depuis le début de ce texte, mais j’y serai arrivé à phi-lo-so-pher.
Pourtant il y a une différence fondamentale entre la distance et le temps si intimement liés. On peut parcourir indéfiniment la distance dans un sens ou dans l’autre, revenir en arrière, s’arrêter pour faire une pause; il n’y a pas de distance perdue ( tout juste de l’essence gaspillée au pire ), on peut la parcourir plus vite ou pas, à la vitesse que l’on souhaite.
Alors que le temps…
Finalement la distance est un élément bien plus sympathique que ce temps que l’on désespère d’apprivoiser et de contrôler.
On avait signé pour le carpe diem, on s’attèlera au carpe distantia.





















Manaoût 29, 2010 at 20:46
@VERO : j’ai pas bien tout compris… on t’attend pour le dîner ou pour les croissants du p’tit déj ? enfin moi ce que j’en dis, c’est juste pour savoir à quelle heure tu vas arriver à Bordeaux le week-end prochain
madame lapwoaoût 29, 2010 at 22:02
oui alors là, avec la rentrée qui se radine, ça va faire court pour le week-end prochain. Mais j’avance, j’avance…
Youliaaoût 30, 2010 at 12:28
Et puis après si elle va à Bordeaux, il lui reste encore 4h pour monter jusqu’ici
Et je confirme, la géographie c’est pas son truc
Melaoût 30, 2010 at 18:28Author
Quoi ? Tout le monde vient passer le week end prochain à la maison ?
Youliaaoût 31, 2010 at 13:42
Faut pas nous tenter nous Mel hein, j’ai fait 2 jours de route pour voir Madame Lapwo alors si tu nous proposes de nous retrouver toutes à Bordeaux on vient nous, je te préviens….