Accueil Ma vie et moi De l'autre côté de l'écran, les invitées De l’autre côté du miroir

Aujourd’hui, de l’autre côté du miroir il y a Xavier Lemoine, grande figure du tennis bordelais. A la tête de la très prestigieuse Villa Primerose 32 ans durant, il s’est vu remercié en juillet dernier. Nous nous sommes rencontrés en décembre dernier autour d’un café.

Portrait.

« Bonjour, je suis venu pour vous ». Grave, abyssal, engageants. Sa voix, son regard, ses gestes.
Sac de sport à la main, il commande un café, et se dirige vers une table du club house de la villa Primerose, temple du tennis Bordelais. Il l’a connue vacillante 32 ans plus tôt. Ils ont vielli ensemble. Elle l’a quitté cet été.

Sur les murs, des photos passées de joueurs partout. L’histoire qu’elles racontent est aussi la sienne.

Retour sur l’enfance. Un halo de bonheur, marqué par le sport au soleil de Casablanca. A 18 ans, la France. Paris. Une rencontre à haut niveau lui fait découvrir le tennis.  Puis des études à Bordeaux et le Stade Bordelais, section tennis, en fond de cours. Le tennis est un sport confidentiel, il va lui imposer ses méthodes apprises en école de commerce. Révolution.

1978. Primerose, descendue en seconde division, l’embauche, c’est le début de leur histoire. Un terrain de jeu et d’expérimentations pour Lemoine. « L’enseignement du tennis en était à ses balbutiements. Tout était à construire. Des cours collectifs par niveau, des stages qui attirent le plus grand nombre… »

Il dirige l’école, dépoussière l’institution, s’investit à 200%. Devient directeur sportif. Puis directeur général. Primerose retrouve la première division.

« J’enchaînais 9 h de cours, je jouais au foot avec les petits et aux bridges avec leurs grands-parents et j’allais disputer un match après » se souvient-il. Il s’amuse. Il travaille surtout. Développe la structure. Très vite et voit grand. D’abord rénover de la vieille bâtisse arcachonnaise puis construire de nouveaux cours couverts.  Mais les fonds manquent pour se hisser à la hauteur de ses ambitions. Appel aux grandes entreprises de la région, les partenaires se font mécènes puis membres du Club.
Le pari de réunir les grands acteurs économiques dans un cadre chic et convivial est réussi. Le nombre d’adhérents explose, la renommée du lieu aussi.

A la Villa, il a tout donné. Certains parleraient de sacrifice, lui y voit un privilège.
En juillet dernier, elle l’a quittée. Pour d’autres hommes. Balle de match. Les préceptes des business schools des années 70 n’ont plus cours aujourd’hui. Aire de la rentabilité à deux chiffres. Du court terme. De l’anti-Lemoine en raquette.

Lemoine, Xavier 62 ans. Demandeur d’emploi. Sept  fois champion de France, quatre fois champion du monde, catégorie vétéran. Jeu agressif. « Je tape fort ».

4 COMMENTAIRES

  1. bonjour Mèl, j’espère que la villa primerose a eu la bonne idée de donner le nom de ce monsieur au court principal en juste reconnaissance du travail accompli depuis 30 ans. il n’est pas trop tard pour bien faire.
    christian

  2. C’est une excellente idée !
    Pour l’instant les cours portent des noms de châteaux mécènes…
    C’est l’idée de monsieur Lemoine 😉

  3. C’est vrai que ce serait une bonne idée:) En attendant, tu lui rends par ton texte un bien bel hommage auquel je suis sûre qu’il n’est pas insensible! Bravo à lui:)

  4. Ce type est un véritable c******

    Personne ne pouvait le blairer

    Certainement compétent et fort mais pas agréable ni sympathique

    Tou le monde le sait

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