Accueil Testé pour vous Clubs de forme Le Krav-Maga pour quoi faire ?


Quand tout l’monde dort tranquille
Dans les banlieues-dortoir
C’est l’heure où les zonards descendent sur la ville
Qui c’est qui viole les filles
Le soir dans les parkings…

Ne me remerciez pas pour cet air entrainant des 80’s que je viens de vous mettre dans la tête et qui va vous faire la semaine. J’en avais un peu besoin pour planter le décor du sujet du jour. Parce qu’aujourd’hui, scoop : on va parler sport. Ouééééé !
On va même parler sport de combat. Pour être exacte, on va surtout parler self-defense de rue. Discipline très à la mode chez nous, les filles. On va parler Krav-Maga.

Pas vraiment discipline sportive, ni art martial, le Krav-Maga («combat rapproché» en hébreu) est une technique de self-defense israélienne. Pour la petite histoire, le Krav-Maga a été créée dans un contexte de guerre pour  permettre au peuple juif de se défendre juste, vite et bien. La technique très pragmatique a vite été adoptée par de nombreuses troupes d’élites dans le monde avant d’atterrir dans les dojos il y a quelques années. Tout ça a été très bien adaptée au grand public, exit les treillis et autres discours paramilitaires. Ou alors fuyez !

Pour nous les femmes c’est aussi un moyen très concret et des techniques plutôt simples, rapides et efficaces utiles en cas de mauvaise rencontre dans une rue mal éclairée.

Un soir, après avoir couché le petit nain et l’avoir donné en baby-sitting à son ado de frère, Bob et moi sommes allés jeter un oeil au cours de Krav du club Krav Maga Israeli Bordeaux (KMIB). Au fond d’une impasse mal éclairée justement. Heureusement que Bob était là sinon jamais je n’aurais osé m’aventurer dans ce gymnase reculé du Cours Saint Louis à Bordeaux. Dans le quartier très bobo des Chartrons où il ne se passe jamais rien. Oui je sais. Mais moi j’ai peur quand même.

J’avais averti de notre venue, prévenue que je venais faire un test pour un article. L’accueil téléphonique avait été très chaleureux, l’instructeur m’avait proposé de tester son cours et enjoint de venir avec un bas de jogging, un tee-shirt manches courtes, une paire de chaussures à semelles fines. Et puis, je me suis un peu dégonflée, j’ai préféré arriver en jeans, manteau et bottes pour dissiper tout malentendu. Et bien m’en a pris !

Nous sommes arrivés alors qu’un cours se terminait et qu’un autre allait commencer. 40 personnes (au moins) dans l’un et 40 autres (au moins) dans l’autre. Impressionnant.

Le cours a commencé à l’heure (pile) par un échauffement des articulations et des muscles. Dans un silence biblique. 40 personnes, un tiers de filles et pas un chuchotement. Puis est venu le temps de l’effervescence, celui de l’échauffement dynamique. Moins conventionnel mais toujours aussi silencieux.

Pourquoi moins conventionnel ? Parce que la consigne était de courir droit devant soi, vite. Jusque là rien d’exceptionnel. Sauf que chacun devait partir dans le sens de son choix sans s’être concerté avec son voisin, encore moins avec les 39 autres personnes de l’assemblée. Le but du jeu étant d’éviter de s’aplatir contre un petit camarade qui arrivait à pleine vitesse en face puis au signal du prof de tomber au sol et d’enchaîner les tractions, de se relever, de re-foncer droit devant ou droit derrière. Bonne condition physique, réflexes et tonus exigés.

S’en est suivi une chorégraphie ciselée au cours de laquelle les élèves, alignés dos au mur, ont enchainé sans broncher les gauche-droite-crochet-uppercut-coude-coude. Coude-coude-gauche-droite-uppercut-COUDE !

Excellente coordination des mouvements et sens du rythme souhaitables. Sinon c’est pas la peine.
C’est là que je me suis re-félicitée d’avoir fait le bon choix. Celui de NE PAS AVOIR VOULU TESTER.

La suite aussi a confirmé mon bon choix. Ils sont passés au corps à corps ou comment neutraliser rapidement un adversaire qui se rue sur vous avec un couteau. En plastique. Réalisme garanti.
Ou comment crever les yeux, mordre, éclater les parties et neutraliser les cervicales d’un éventuel agresseur.

Un poil trop violent pour moi, j’avoue.

Certes une démonstration impressionnante de discipline, de rigueur, de travail, de précision. Mais au final, je ne sais que vous dire. Si ce n’est vous poser une question. Qu’en pensez-vous ? Cela vous semble-t-il utile ?
Je veux dire se défouler, oui. Se rassurer, peut-être. Transpirer, surement.
Mais se former à des techniques de combat aussi brutales pour lutter contre qui, contre quoi ?

 

21 COMMENTAIRES

  1. Effectivement le Krav maga devient une discipline à « la mode » depuis quelques années.
    Elle réponds surement à un sentiment mixte, celui de la peur de l’agression et celui de « maîtriser » un art martial efficace.
    Combinaison idéale qui permet à ce sport de ce développer.
    Je ne connais pas suffisamment pour pouvoir critiquer efficacement cette discipline, mais pour connaitre quelques personnes qui pratiquent il semble que cela soit un vrai « défouloir » !!!
    Moins violent et aussi efficace il existe d’autres arts martiaux comme le JU JITSU par exemple !!

    A tester pour un prochain article !!

  2. @eric92 : si c’est un défouloir alors ok (quoique je m’interroge tout de même sur l’utilité d’apprendre à crever les yeux ou casser la clavicule d’un éventuel agresseur).
    Bien sûr que des drames existent et des agressions, et que les violences aux personnes augmentent. Mais quand même ça n’arrive pas tous les jours, à tout le monde, et à n’importe quelle heure. Les sociétés sont bien plus sûres qu’elles ne l’étaient…
    Depuis les années 70, le nb d’homicides a été divisé par 2 en France (environ 800 contre 1600 dans les années 70). Ce qui a changé plus fondamentalement c’est la perception et le besoin de sécurité physique, dans un monde où tout change très vite et où le risque (affectif, économique, social,…) est plus grand qu’avant, avec moins de solidarité. Et je ne crois pas que ce sont les cours d’autodéfense qui renforceront l’envie de vivre ensemble, l’ouverture et la compréhension de l’autre…
    Sinon partante pour tester le Ju Jitsu ! Mon ado en faisait, il adorait. Vous pratiquez à Bdx ?

  3. Bonjour,

    « Mais se former à des techniques de combat aussi brutales pour lutter contre qui, contre quoi ? »

    Plusieurs réponses selon moi:
    – d’abord, on pratiquer en s’intéressant à la technique pure; travailler sa coordination, la maîtrise de ses gestes… on peut souhaiter connaître la discipline pour son histoire, ses origines…

    – on peut tout simplement avoir envie de faire du sport parce qu’on passe sa semaine assis derrière un écran. N’importe quel sport, c’est toujours un bon moyen de rester en forme.

    – sur le plan combat/self-défense: ça n’est pas « pour lutter », mais plutôt pour être préparé. Certes, la société moderne est plus sûre, mais il suffit de ne pas avoir de chance. Ensuite, pratiquer le krav, ça n’est pas davantage une incitation à aller se bastonner dans la rue qu’avec n’importe quel autre sport de combat. Au contraire: la première chose que l’on apprend dans un contexte de self-défense, c’est qu’éviter le combat reste la meilleure des solutions. Simplement, dans les pires cas, ça n’est pas toujours possible, et là le krav donne des clés pour s’en sortir.

    Ensuite, ce qui me dérange un peu, c’est votre phrase selon laquelle pratiquer un sport de combat d’une relative violence n’est peut-être pas le meilleur moyen de resserrer les liens sociaux. Alors là désolé, mais vous mélangez les torchons et les serviettes. C’est un peu comme si vous disiez que suite à la fin de la guerre froide,
    on devrait se débarrasser de nos forces armées parce que ça fait agressif.

    Encore une fois, l’utilisation pratique du krav, c’est du dernier recours. Le reste du temps, les élèves ne sont pas transformés en machines de guerre paranoïaques 🙂

    Et dans la pratique, un club sportif, c’est toujours au contraire un lieu de rencontre et de partage. Le krav n’y fait pas exception. La rigueur à l’entraînement n’exclut pas les échanges avant et après!

    Sans doute cette discipline n’est-elle pas faite pour vous. Sans doute différentes personnes la pratiquent-elles avec des objectifs différents. Mais j’espère que vous comprendrez que ces motivations sont en général tout à fait saines et logiques.

    A moins que vous n’ayez souhaité porter la discussion sur un plan idéologique? Mais ça ne me semble pas la meilleure chose à faire, et le cas échéant, vous aurez autant d’opinions que de contributeurs. De gustibus et coloribus non disputandum…

    Très cordialement,

    Matthieu

    DISCLAIMER: je suis un élève du cours en question.

  4. malheureusement « la rue » depasse de loin un entrainement jugé difficile voire tres difficile,mais si l’on ne doit retenir qu’une seule chose du krav maga c’est avant tout FAIRE LE CHOIX DE LA VIE.apres,toute comparaison avec un « art martial » sur le plan de l’efficacité et de l’intensité(stress,agressivité,realisme) ne me semble pas etre possible,car l’option martiale justement n’a pas sa place dans une situation de survie.

  5. @mel oui je pratique mais pas sur Bordeaux même, juste à côté à Gradignan.
    Si tu es intéressée dit le moi et je verrais pour organiser quelque chose avec le prof et mon club.

  6. @Matt : Intéressant commentaire.
    Si le Krav maga n’est vu que comme un sport, OK avec vous, il est utile pour les uns, naze pour les autres, comme la course à pied ou le squash :-).

    Mais ce n’est pas cette motivation « sportive » que Mel met en avant chez nombre de pratiquants. La communication autour de ce « sport  » joue beaucoup sur l’angoisse et le besoin de se protéger d’une « possible éventuelle surtout si t’as pas de chance » agression. Ce « sport » est aussi tendance parce que depuis de nombreuses années les médias (mais pas que) jouent sur la peur de l’autre, mettent en avant les faits divers etc. Regardez les chaînes du câble et satellites, passés 21h, c’est édifiant le nombre de reportages sur la BAC, la crim’, les meurtres non élucidés etc. Le krav maga se développe en France dans ce contexte, sur ces peurs, ce qui ne me semble pas très sain. S’il s’agit de vaincre ses peurs, peur de l’autre, peur de l’agression, je pense qu’il y a plein d’autres moyens que la violence ou la préparation à la violence, et ce n’est pas de l’idéologie. Parce que si demain on connaît une tuerie comme à Oslo, ce sera quoi le sport à la mode, apprendre à tirer au M16 ou au FAMAS ? jusqu’où ira-t-on dans les techniques d’autodéfense et pourquoi ? that’s the question (je suis nul en latin, désolé…).

    Ce sport n’est donc pas neutre. Il est le reflet, a minima, le produit, a maxima, de cette culture de l’angoisse qu’il entretient et à laquelle il participe en ne montrant l’autre que comme un agresseur potentiel.
    La société, les infos télé, les films etc. sont déjà très anxiogènes, si en plus chacun passe ses loisirs à s’entraîner dans la crainte que l’autre ne nous agresse, on va avoir du mal à construire du lien social… si, si, je vous assure, y’a plus simple niveau convivialité que le Krav Maga et c’est un coureur à pied individualiste qui vous le dit.

    La dimension spirituelle (à l’inverse des arts martiaux japonais que je ne connais pas non plus) me semble aussi absente de ce sport ou en tout cas, de son enseignement. Ou de ce que j’en ai vu rapidement.

    Et pour la fin de la guerre froide, elle a quand même entraîné, notamment, la fin de l’armée de métier, on a donc un peu changé de monde.. en mélangeant des torchons de l’est et de l’ouest par delà le mur de Berlin.

  7. @Matt : merci pour votre com.
    Je plussoie l’avis de Bob.
    Comme je l’ai dit j’ai été impressionnée par la rigueur, la discipline et la technicité de ce cours mais j’ai eu du mal à adhérer au concept. C’est trop brut de décoffrage pour moi. Cependant il est vrai que nous avons été accueillis très chaleureusement et que l’ambiance était conviviale, studieuse mais conviviale.
    @Pitpat : disons que pour moi la rue n’est pas un environnement hostile, enfin du moins pas dans ma ville ou dans mon quartier et que je n’ai jamais eu à faire le choix de la vie 😉
    @Eric92 : merci pour l’invit, je ne dis pas non ! Est-ce un autre courant de Krav que celui que j’ai testé ?

  8. @Man:
    Vous supposez une causalité entre les facteurs anxiogènes et le développement du krav-maga. Est-ce le cas? Je n’en sais rien, mais je pense que vous nous devez également le bénéfice du doute. Le krav trouve ses racines dans les années 40.

    D’autre part, Mel parle dans ses commentaires d’une société de plus en plus sûre, alors qu’elle s’est faite accompagner pour aller jusqu’au dojo du cours Saint Louis, car l’environnement lui semblait visiblement peu rassurant.

    Il faudrait savoir! 🙂

    Loin de moi l’envie de pinailler… mais ces différences de visions, ainsi que votre propre vision de l’insécurité propagée par les médias, montrent bien qu’il y a déjà de gros écarts entre la réalité, ce qu’on en perçoit, et ce que l’on est prêt à accepter.

    Ce soir-là, Mel a fait ce qu’on appelle une analyse de risque. Elle a évalué la probabilité d’un risque, les dommages subis si le risque se concrétisait, ainsi que les coûts et moyens associés à la prévention du risque. Elle a décidé de se faire accompagner par Bob pour prévenir le risque.

    Les gens qui font de la self-défense ont fait une analyse similaire, et ils ont décidé de rajouter une préparation physique en plus de Bob et du 17. Ca ne va pas plus loin. Croyez-vous réellement que je fasse du krav parce qu’auparavant, je vivais dans la peur en rentrant chez moi tard le soir, ou en regardant des reportages de télé-poubelle? Certes non! Est-ce que j’apprécierai la préparation inculquée si un jour je me retrouve dans une situation difficile? Probablement!

    Faire du krav ne vous aidera pas à ne pas avoir peur en traversant un quartier mal famé. Ce serait même contre-productif, dans la mesure où la peur est un signal qui déclenche la prudence.
    Par contre, le krav va vous aider à ne pas rester figé par la peur dans une situation de combat.

    Note: ce n’est pas spécifique au krav… on pourrait dire la même chose à propos de toute discipline de self-défense. Et quant à la violence perçue, à quoi vous attendiez-vous? Une agression, c’est déjà très violent, et le but est de s’en sortir. Si une jeune femme doit défendre son intégrité physique face à un individu qui fait 20 kg et 20 cm de plus qu’elle, vous comprenez bien qu’elle va devoir recourir à certaines extrémités.

    La « dimension spirituelle » est effectivement absente du krav. Vous pouvez le voir comme un bien ou un mal, selon votre goût.

    Pour élaborer sur les métaphores, nous avons en réalité développé l’armée de métier, mais mis fin à la conscription; c’est ce que vous vouliez dire, je suppose. Nous avons en revanche conservé une dissuasion nucléaire, qui est un peu à l’image de la self-défense: c’est brutal, et on espère ne jamais avoir à s’en servir…

    Le tir sportif au M16 et FAMAS restera difficile à développer tant que ce seront des armes de guerre de 1ère catégorie, interdites aux civils 😉

  9. @Mel
    si tu n’as jamais vecu dans une ville « tendue » je comprends tout a fait ton raisonnement.puis je me permettre une question,te balades tu vraiment n’importe ou ,a n’importe quelle heure,que ce soit en jean ou en jupe,seule dans bordeaux et ce,en toute decontraction?j’attends vraiment une reponse franche et honnete.ps:je ne pense pas que le krav enseigné au kmib soit le meme qu’ailleurs sur bordeaux,sans porter aucun jugement sur les autres enseignants bien entendu,vu qu’il existe effectivement plusieurs »courants ».

  10. Non Mel ce n’est pas un autre courant du Krav mais plus du judo,
    Il s’agit de « l’ancêtre » du judo et de l’aïkido.
    Le Ju JItsu est du self défense « assez doux » est bien (à mon avis) adapté aux femmes par exemple.
    A tester donc 😉 !

  11. @Matt:
    Cool, du débat !
    Années 40… Ce n’est pas israélien le Krav-maga ?????? Si tel est le cas, concernant la causalité, il me semble que, vu les circonstances et les conditions de création du krav-maga, dans un pays qui se considère en guerre permanente avec ses voisins depuis sa création, on sort du domaine de la supputation pour entrer dans celui des faits. Le Krav-maga est contextualisé, c’est le produit d’une histoire et d’une culture, et sa diffusion (internationale) est fondée sur des ressorts similaires. Parce que s’il s’agit juste de se défouler, bin, on peut se défouler tout seul sans simuler une agression…

    Pour Mel et ses angoisses, je confirme, c’est irrationnel, Mel ne fait jamais d’analyse de risque, elle a la trouille tout le temps et de tout. Je ne peux entrer dans aucune analyse de risque, parce que quiconque me connaît sait très bien que je ne pourrai pas la protéger qu’autrement que par la parole avec mes 68 kgs tout mouillés en période de croissance économique. C’est dire en période de crise des subprimes. Mais son cas est révélateur et conforte mes propos, notre société génère une angoisse quasi-irrationnelle, vit, cultive et entretient les peurs, développe du business (sociétés de surveillance etc…) privée etc. jusque et y compris chez celle à qui rien n’est jamais arrivé. Et c’est en cela que c’est redoutable et que le Krav-Maga contribue aussi à renforcer ce sentiment d’insécurité, qu’il en « profite » et qu’il y participe.

    Je vous rassure, je ne vis pas dans le monde Oui-Oui, je sais qu’il y a des méchants. Mais il me semble que le propre (et le sale aussi) d’une société civilisée est de s’organiser pour vaincre les méchants, avec des forces de police, et non de compter sur le chacun sur soi ou sur des milices privées. C’est au service public d’assurer la sécurité des personnes, pas au citoyen lui-même. En cela le krav-maga me semble régréssif. Oups, je vais m’en prendre une 🙂

    Dit autrement, ce sport se développe, il correspond à une attente, à un besoin, soit. Mais pourquoi ce besoin de protection dans une société de plus en plus sûre, en tout cas pour l’intégrité physique des personnes, puisqu’on meurt moins trucidé par son prochain qu’avant ? Or le Krav maga ne peut pas être une réponse à la violence réelle ou supposée, puisqu’il est lui-même violence.
    Pourquoi vous imaginez-vous vous retrouver dans une situation difficile ? pourquoi est-ce que vous ne vous imaginez pas plutôt pilote d’hélicoptère ? Faucheur de marguerite ? Danseur étoile ? Peintre ou bien encore chirurgien orthopédique pour les enfants en Papouasie-Nouvelle-Guinée ? j’y vois un lien fort avec votre, notre environnement social et culturel qui nous pousse à nous fermer plutôt qu’à nous ouvrir aux autres, suscite des angoisses, des craintes, au lieu de s’ouvrir aux autres.

    Amen.

    L’absence de dimension spirituelle me semble attester qu’on est dans une « simple » approche technique, à visée d’autodéfense. Dès lors, comment considérer que le Krav Mega puisse être autre chose… qu’une technique de défense ? Et donc pourquoi autant de gens dont la majorité ne sera jamais agressée cherchent-ils à apprendre comment se défendre si ce n’est parce que le contexte social est violent, que l’insécurité est partout, à tous les étages des rapports sociaux et économiques? ils ne se sont pas réveillés un matin, à la maternité d en se disant, tiens, et si je faisais de l’autodéfense pour me fader le nain là à gauche avec sa totosse. C’est une réponse à des stimuli, le résultat d’une production sociale.

    Et merci d’avoir corrigé pour la conscription. Et je confirme, à l’extérieur comme à l’intérieur, une société civilisée doit s’appuyer sur des services publics, qu’ils s’appellent police ou armée pour se protéger et être protégée. Il ne viendrait à l’idée de personne, Krav-magiste ou non, d’aller faire la guerre, comme ça, tout seul, dans son petit costume, au Qatar ou à l’Allemagne. Alors pourquoi s’y préparer contre un ennemi de l’intérieur, réel ou supposé ?

    Quant au M16 et FAMAS j’espère qu’il n’y a pas que leur interdiction aux civils qui empêche leur développement en tant que sport. Hein, dites-moi, ce n’est pas que ça qui vous arrête 🙂 ?

  12. @Matt : il ne vous aura pas échapper que je suis une fille et comme toutes les filles je ne suis pas à une contradiction près ^-^
    @Pitpat : non je ne me promène jamais en toute décontraction, en effet. Mais Bob a raison chez moi c’est un principe, j’ai peur de tout tout le temps. C’est génétique dans ma famille, on se transmet ça de mère en fille…
    @Eric92 : paaaaaaaaardon !!! Je me suis emmêlée les torchons et les serviettes oO
    Bien sûr que je viendrai tester le JUJITSU ! C’est quand les cours que je m’organise ?

  13. @Mel: je n’aurais pas osé 🙂 J’admire la pirouette de votre part!

    @Man:
    Vous savez, à vous lire je pense que nous avons des visions fondamentalement différentes de la société et de notre environnement. Vous me dites par exemple que la sécurité – intérieure comme extérieure – devrait être du ressort exclusif du service public. Comme le disait très justement le chef de l’armée néerlandaise dans un discours vu récemment sur Internet, un « monopole étatique de la violence » qui nous protège tous. Et c’est vrai. Ou plus exactement, c’est le meilleur des cas.

    > « Or le Krav maga ne peut pas être une réponse à la violence réelle ou supposée, puisqu’il est lui-même violence. »

    A l’image de la question posée par ptipat, je vais vous demander ce que vous comptez faire *en pratique* si vous vous faites agresser un jour. Vous dites à la personne en face « excusez-moi, retenez vos coups quelques secondes, le temps que je compose le 112 » ? Vous prêchez la paix et l’amour ? Non, ce n’est pas moi qui vais vous en mettre une, je suis on ne peut plus pacifique. Le gars en face, en revanche… 🙂

    Vous analysez ce sport dans un contexte politique, social, économique: « crise des subprimes », « développe du business », « sociétés de surveillance », « production sociale »… mais pourquoi diable amener la discussion sur ce terrain? Vous me direz peut-être que je suis un mouton enfermé dans un système qui me contrôle… mais je ne souscris pas à cette vision, désolé. Quand je vais au krav, je laisse le contexte socio-économique de côté. Je fais du sport et je m’éclate avec des copains.

    Oui, le krav maga est une technique de combat (je crois bien que c’est d’ailleurs la traduction littérale de l’hébreu). Non, ça n’a rien de philosophique. C’est purement pragmatique. Ca n’est pas destiné à « rendre le monde meilleur ». Ca me dit concrètement quoi faire si on me pointe un couteau dessus.

    Je pense que nous ne convergerons pas davantage, dans la mesure où vous trouvez absurde que j’imagine des choses pareilles. Mais comprenez-vous que je m’intéresse à la technique en tant que telle? Une séquence de gestes, qui, correctement exécutée, permet de désarmer un agresseur, je trouve juste ça intéressant. Ca n’est pas mon métier, ça n’est pas quelque chose que souhaite faire pour de vrai. Par contre, la chirurgie orthopédique en Papouasie, ça n’est pas mon truc. Mais tenez-vous bien; il existe aussi dans notre beau pays des gens qui s’intéressent aux technologies militaires. Il y a des collectionneurs d’armes. Tous ceux-là, vous allez aussi leur dire que leurs hobbies ne sont qu’une résultante malsaine de notre contexte social anxiogène? Il y a même des gens qui se déguisent pour reconstituer des batailles le week-end. Autant de va-t-en guerre prêts à marcher sur l’Europe?

    Alors j’ai bien compris votre thèse, mais je ne suis pas d’accord, voilà tout. Et laissez-moi juste ajouter qu’en dehors des pratiquants de krav, il y a certainement des tas d’autres gens dont les hobbies / sports / activités extra-professionnelles vous feraient sévèrement flipper. Pourtant, quand on regarde de plus près, ils sont juste comme vous. Ils sortent le pâté-saucisson-chips pour le pique-nique, ils vont se balader, ils boivent un coup (avec modération) entre potes, ils décident de se faire un ciné ou un bowling… autant de liens sociaux créés autour de trucs « bizarres ».

    En résumé, autres gens, autres moeurs. Regardez la Suisse: ils ont poussé le concept de défense nationale à l’extrême. Après son service militaire, chaque citoyen suisse rentre chez lui avec un fusil d’assaut et une boîte de cartouches scellée. Et vous trouvez que c’est violent, la Suisse?

  14. @Matt : alors oui c’est vrai on ne se mettra pas d’accord sur l’utilité (réelle) de la pratique en regard de l’état du monde qui nous entoure, mais je crois qu’on est d’accord sur pourquoi cette pratique n’a rien à voir avec un divertissement gratuit ou de bien-être ; le Krav-Maga est donc bien de son temps.

    Quant à ce que je compte faire le jour où je me ferai agresser, je ne me pose pas la question. Comme je ne me pose pas la question de savoir ce que je ferai si je tombe un jour du 2ème étage d’un immeuble, ce que je ferai si je m’étouffe avec un os de poulet, si un automobiliste ne me voit pas sur un passage piéton, si je fais une crise cardiaque, si un vol d’AIR FRANCE prend feu au-dessus de l’Atlantique, si je me perds en forêt, si mon micro-onde tombe en panne quand Gaspard veut son cacao NESQUIK etc. ou plus heureux, si je gagne au loto. Oui je l’avoue, tous les matins, quand je me lève, il y a plein de questions que je ne me pose pas et peut-être qu’un jour, ou peut-être jamais, j’aurais besoin d’une réponse à une question que je ne me pose jamais. Et je ne suis vraiment pas sûr que la société m’invite à me poser la question d’un éventuel agresseur pour mon bien ni celui des autres.

    Quant à la Suisse, pour résumer, je n’emploierai pas mes mots mais ceux d’Orson Wells dans Le troisième homme : « pendant 30 ans en Italie sous les Borgias, ils ont eu la guerre, la terreur, des meurtres et des massacres, mais il y a aussi eu Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse ils ont eu 500 années d’amour fraternel, de démocratie et de paix, et qu’est-ce que cela a produit ? Le coucou ! ». Je pense que ce qui a protégé la Suisse en 1939-45 par exemple ce n’est sûrement pas sa défense nationale mais plus certainement ses comptes en banque. Bref la tête plutôt que les bras. 🙂

  15. Je tenais à vous remercier pour ce débat fort intéressant qui s’est déroulé dans le respect des idées de chacun. J’ai reçu des mails en ce sens, je transmets donc.
    @Eric92 : je te mail 😉

  16. Waow, que de polémiques, j’adore.

    Etant moi-même pratiquant d’art martial depuis, ah oué, 20 ans facile, au BEC à Bordeaux (Yoseikan Budo, http://www.yoseikan-bordeaux.com/ ) je comprends très bien et j’entends toutes ces critiques et ces contradictions.

    Les arts martiaux sont avant tout destinés à se battre contre soi-même : on est gauche, fainéant et peu enclin à s’améliorer de nature. Pratiquer un art martial, c’est décider de se prendre par la main et maîtriser son corps, ses mouvements, leurs limites, leurs douleurs et simplement de faire mieux.

    Un peu comme pour la course d’endurance : on est ce qu’on est, on a sa vma, son gabarit et on fait mieux mais on sera jamais le meilleur, juste meilleur. On a pas d’adversaire mais un partenaire. certains trouvent ça peu ludique et préfèrent l’affrontement.

    Dans les arts martiaux, certains aiment gagner ou penser qu’ils peuvent gagner (l’humain est plein d’illusions) alors il existe des déclinaisons en sport de combat : compétitions, self-defense etc. On se donne l’illusion d’être meilleur que, de pouvoir gagner, tout ça mais je pense qu’il faut le prendre comme une activité physique récréative comme jouer au monopoly ou aux échecs : on essaye de gagner mais ça dépendra toujours de l’adversaire aussi, si’l veut bien ou peut bien perdre.

    Je suis enseignant et franchement, il y a des tas de gens qui me mettront en l’air facilement au combat. Ptet moins que la plupart des gens de mon gabarit, je pense mais quand même hein 🙂

    Mon plaisir je le prends a maitriser mes mouvements, mon positionnement, mon mental et pour la course, ça m’aide bien.

    D’ailleurs cette année je me suis aussi inscrit au triathlon (là http://ironsportbordeaux.blogspot.fr/ ): dans deux ans je ferais mon premier parcours olympique et c’est un défi personnel parce que je ne suis pas nageur et que je ne trouve rien de plus ridicule qu’un coureur sinon un cycliste, un gars en pyjama sur un tapis le soir ou un pauvre type en boxer moulant dans une eau chlorée. Bref, je passe au delà de mes a priori pour faire juste : mieux.

    Je ne connais pas ce cours de Krav Maga ni la mentalité des enseignants mais je gage qu’au-delà du côté rentre dedans, il y a surement une volonté plus technique de développement personnel, du moins je l’espère.

    my 2 cents

  17. Bonjour,
    je fais du Krav depuis 5 ans, j’ai 41 ans, et j’aimerai amener qques commentaires issus de mon expérience.
    1) nous avons une séance de 1H30 orienté « techniques de self-défense » le mardi et le vendredi, c’est davantage orienté « combat » (car si la technique échoue, ou si vous êtes face à deux ou trois individus, il va falloir rentrer dans un combat pied-poing)
    2) il y a plusieurs niveaux de réponse à l’agression, et avec le temps, on dispose de graduations pour répondre à l’agression (on ne va pas frapper violemment un gars ivre qui vous saisit par le col, il y a des techniques pour cela)
    3) l’idéal est de ne JAMAIS se battre (en évitant les situations dangereuses, les provocations, les réponses aux insultes…). Les techniques violentes du KRAV ne sont à utiliser qu’en cas de force majeure , et dans le cadre de la légitime violence (art 122.5 du code pénal, dont nous parlons fréquemment en cours)
    4) chaque prof est différent, les enseignements varient légèrement (j’en ai cotoyé 5 entre cours et stages, et chacun a son approche).

    en résumé: pas paranoïaque, mais vigilant. Et prêt, au cas où, à me défendre, ou à défendre ma femme et mon fils. Les techniques sont réellement simples, il faut juste du mental pour oser riposter, car nous sommes éduqués à la non-violence (mais n’oubliez pas que par principe, la police arrive toujours APRES l’agression…)
    Cordialement,

    Jérôme

  18. Je ne fais pas de krav maga, mais je pratique le full défense (version défensive du full contact) depuis presque 5 ans… avec grand plaisir.
    Certes, d’un point de vue extérieur, cela peut paraitre brutal mais le but est juste d’apprendre des techniques, apprendre à frapper, savoir où frapper… pour se sortir de situations délicates. Les techniques enseignées sont toujours graduelles, on identifie certains points du corps qui « lâchent » à coup sûr sans avoir recours à la violence (très utile pour se défaire d’une saisie un peu trop appuyée par exemple)… On prend conscience que la force physique ne fait pas tout et qu’une nana poids plume, aidée d’un minimum de technique, a ses chances face à un agresseur plus lourd, plus fort. Ces cours ont aussi l’avantage de simuler des situations d’agression et cet entrainement aide à garder son sang froid et à avoir les bonnes réactions et les bons réflexes le jour où l’agression se produit. J’en sais quelque chose, j’ai eu la malchance de vivre cette mésaventure un jour où j’étais partie courir seule…
    Alors bien sûr, on ne se fait pas agresser tous les 4 matins et heureusement alors le reste du temps, ces cours constituent un parfait défouloir 😉

  19. Pour qui pour quoi le krav maga?

    Ben pour enpêcher de se faire casser la gueule encore , comme ca m’est arrivé et ou jai failli mourir!
    Et ca m’a servi depuis, non non le Monde est pas tout beau tout gentil!

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