Accueil Ma vie et moi A Enzo Une petite musique de vie

Il est 10h, je suis au boulot.

Je rédige un dossier sur les mesures de financement d’un fonds de retraite, une sombre histoire de trésorerie avec recours à la loi pour autoriser un transfert inter-régimes.

La musique du téléphone du CHU Pellegrin, hôpital des enfants, 6ème étage bâtiment D, marque  Nortel ou Alcatel, raisonne brutalement à mes oreilles. Ça sonne, ça sonne, et personne ne répond, les infirmières sont occupées à soigner les enfants. Comme d’habitude. Une petite musique gaie, presqu’entraînante, qui a sûrement sonné le 15 juin 2010 et les jours suivants mais que moi, je n’entendais plus.

Je ne sais pas pourquoi ni comment cette mélodie a si soudainement jailli dans le couloir de ma mémoire. Pourquoi l’image de leur comptoir de travail, si blanc, celui derrière lequel les infirmières cherchent un moment de tranquillité, préparent les soins ou scrutent sur ordinateur les résultats des analyses, pourquoi tout est revenu au milieu de la loi et des chiffres, un mot sans doute, ou un bruit peut-être. Des meubles, du blanc, des bruits, aucun visage.

Je suis scotché là, je perds de longues minutes pour la rédaction de ma prose administrative qui ne changera pas le cours de l’humanité. Si je ne devais faire qu’une chose qui change le cours de l’humanité, aujourd’hui, j’irais sans doute me coucher…

Zozo, Enzo, Zoz, c’est dur de vivre sans toi, presqu’impossible. Pourtant je ris, je pleure, je gueule, je m’engueule, j’écris, je respire, je pense, je me projette, je construis même des choses pour demain.

Je sais aussi que la seule solution pour continuer à vivre sans toi, c’est de m’occuper de ce foutu financement d’un régime de retraite comme si la fin du monde en dépendait. Comme si c’était important. C’est important.

J’y retourne, Zo, à tout à l’heure. Et quand tu surgis dans ma tête, continue de ne pas choisir ton moment, comme ça, j’ai l’impression d’y être encore, ici, là-bas. Avec toi. Comme avant.

NB : sur la photo, Gaspard à l’hôtel près de Paris la semaine dernière…

Juriste par intérêt, fonctionnaire par conviction, sportif par addiction, blogueur par plaisir, mari par devoir (Mel était seule et abandonnée quand je l'ai rencontrée...), père au quotidien et même plus... C'est ce CV tout simple qui me donne le droit de vous faire l'article sur MALINMALIGNE, et de vous accompagner vers mon étoile...

1 COMMENT

  1. Ne change rien Manu c’est comme ça qu’on t’aime avec tes forces et tes faiblesses, ta sensibilité c’est surement ça qui me manquera le plus.
    kiki

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