Accueil Ma vie et moi En campagne avec FH2012 On refait LE débat

 

Pour LE débat entre FH et NS, on était tous les deux, Mel et moi,  chacun à un bout du canapé,  Ugo dans sa chambre à l’étage. Je n’avais pas ressenti ça depuis la finale de la coupe du monde en 2006, France-Italie, à l’époque, j’aimais le foot, et Zozo était encore avec nous.

L’avant-LE débat, ce mélange de stress, d’excitation, ce quelque de chose de primaire, de quasi-animal. C’est con mais c’est si bon, se déconnecter du cerveau, en mode off, être dans la peau d’un supporter , s’y abandonner, s’y complaire, perdre tout sens critique l’espace d’un avant-débat.

Mais quand on est de gauche, on ne se refait pas, la distance-critique est quasi génétique. J’ai voté Montebourg et Aubry aux primaires socialistes, c’est dire si j’attendais FH au dossier de l’écran. Certain de voter pour lui le 6 mai mais quand même.

L’affrontement nocturne d’entre les deux tours ? C’est toujours une affaire d’hommes, de personnalités, d’images et de mots. Le débat d’idées, profond, posé, argumenté, ne peut y trouver sa place. On est sur le registre de la conviction, de l’esquisse, de la peinture rupestre plus que dans l’art de Vermeer. On est dans la dramaturgie, la mise en scène, le théâtre,  la question est de savoir qui est le meilleur pour tenir le rôle de Président de la République, avec ce qu’il faut de force et d’émotion, teintées d’habileté, de roublardise et d’éloquence.

Ce n’est pas de l’image seule, surtout quand elle est télévisuelle et cadrée par les communicants de droite et de gauche, que peut surgir la vérité. La vérité est ailleurs, elle est dans les programmes, dans tous les livres et articles savants, gratuits ou payants, qui fleurissent le web ou l’étal de votre marchand de journaux. C’est là qu’il faut y chercher sa part de vérité, seule la paresse intellectuelle ou les vendeurs de savon veulent faire croire au mirage du débat d’idées de fond, projet contre projet, un soir de mai, à une heure de grande écoute, quand il faut parler à Mme Michu et à Mme Saint Cyr de Cornac.

LE débat en vrai est affaire de nuances, de sensations, de postures, de gestes, l’homme du XXIème siècle reste tout con-centré sur la communication non verbale. Le débat ne sert qu’à ça, aujourd’hui, demain, avec Internet et les réseaux, le monde sera différent.

D. Schneiderman après LE débat :

… Les rectifications des chiffres que les deux candidats se sont lancés à la figure, – l’opération de désintox, comme on dit, ne se passe pas à la télévision, mais sur les sites de presse. C’est un événement : suivre aujourd’hui le débat devant sa télévision, c’est presque secondaire. On pourrait même ne pas suivre le débat à la télévision. Ce qui est important, ce qui se joue, c’est dans lelive des sites des journaux. D’une certaine façon, jamais la télé n’a été réduite ainsi à son rôle de pur spectacle. Comme si on assistait à un nouveau partage de tâches. La télé se cantonnant à la pure image, les sites d’information s’occupant des débats de fond. (clic)

Mon Ipad posé sur les genoux à lire le Libé-Live et sa rubrique désintox en temps réel, la télé branchée sur France 2, c’est ainsi que j’ai vécu LE débat. Un sport, un vrai, j’ai fini en sueur. Mel tout pareil mais avec Twitter.  Ugo du haut de ses 16 ans regardait sur un même écran d’ordinateur le débat et Libé-Live, Ugo est le prototype de la fusion numérique de l’image et du sens

J’avoue.
La puissance des incantations culinaires Sarkozyennes pré-LE débat, je vais le bouffer, avaient fini par m’effrayer.

J’avais tort.
Hollande a été brillant dans le discours, président dans la posture, dominant dans les échanges. Il s’est montré tel que je ne l’imaginais pas, avec une parfaite maîtrise de la rhétorique, de l’attaque et de l’art du contre-pied. Bref il a joué sur le terrain de Sarkozy et il l’a battu à son propre jeu. C’était beau, c’était grand, c’était fort, comme une anaphore de 3 minutes où les spectateurs ont oublié jusqu’à la présence de Sarkozy sur le plateau.

D. Schneiderman encore (la gauche toujours dans la distance critique…) :

Etrange anaphore, à l’examiner de près. Etrange et légèrement ambiguë. Le bloc  »moi président de la République », forme-t-il un tout, comme (par exemple) dans la phrase gaullienne « moi vivant, jamais le drapeau FLN ne flottera sur l’Algérie » ? Mais alors, dans ce cas, quelle étrange dissociation du moi et du je ! Quel étrange système, dans lequel « moi », pendant cinq ans, serait une sorte de…surmoi, de garde-fou, de « conscience » de « je », seule la conjonction des deux empêchant l’entité « président Hollande » de retomber dans les travers maudits du sarkozysme ! Ou bien faut-il glisser une virgule entre « moi » et « président de la République », fusionnant ainsi « moi » et « je » dans un seul groupe sujet (mais alors, la formule est un peu lourde, et pourrait faire l’économie du « je »).

Je pinaille, je sais. Je pinaille comme on pinaillait avec délices, les premières années, sur le verbe mitterrandien, sur sa créativité verbale, ce qui est au total plutôt rafraichissant. Mais le pinaillage n’empêche pas d’apprécier. Ce furent au total trois minutes vingt d’allégresse. (clic)

Paraît que l’anaphore était improvisée, paraît que Hollande avait fait exprès de demi-rater son débat avec Copé. L’hisoire s’écrit toujours avec des images simples.

Rien n’est gagné, rien n’est joué, il faut rester mobiliser jusqu’à dimanche et même après.

Demain, si j’ai le temps, je vous dirais pourquoi sur le fond des idées, MALINMALIGNE vote François Hollande. Mais je pense que vous le savez déjà… alors c’est uniquement si j’ai le temps et si je n’ai pas envie d’aller courir.

Juriste par intérêt, fonctionnaire par conviction, sportif par addiction, blogueur par plaisir, mari par devoir (Mel était seule et abandonnée quand je l'ai rencontrée...), père au quotidien et même plus... C'est ce CV tout simple qui me donne le droit de vous faire l'article sur MALINMALIGNE, et de vous accompagner vers mon étoile...

3 COMMENTAIRES

  1. Quoiiiiiiiii t’as vote Montebourg et Aubry aux primaires ! Cours, cours Bob !

  2. @Stéphanie : t’inquiètes, Pierre peut compter sur moi pour dimanche, je ferai bon usage de sa procuration. Et de mon vote. Et j’irai courir demain. ou pas.

    @Fred0 : pourquoi pas ! d’ailleurs on a fait notre gouvernement avec Mel, Martine Aubry 1er ministre et Eva Joly à la justice… :-)

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