Ma vie et moi
On a juste à s’inventer demain
Zo,
Aujourd’hui ça fait 2 ans mais j’ai pas envie d’être triste. J’ai pas envie de me souvenir de l’horreur. J’ai pas envie de me souvenir de cette dernière nuit.
On a longtemps hésité avec ta mère avant de savoir qui allait l’écrire cet article, au hasard c’est moi qui ai gagné.
Alors je peux te parler de ce que je veux.
Je me suis mis Tom Waits en fond sonore, Dead and Lovely, et j’ai commencé à chercher des photos. J’en ai trouvé des tas. Plein de photos. Des morceaux de vie, à Bordeaux, à Prague, Milan ou Amsterdam. Des tranches de vie depuis 2005. Parce qu’hier Zoz, on m’a fait une surprise. Une belle surprise. Ils s’étaient tous réunis, ils étaient tous là, ils m’attendaient pour un dernier footing, tous ceux, toutes celles qui m’ont entraîné très loin dans l’effort, sur 10, 21.1 puis 42.195 km. Tous ceux et toutes celles qui sont là depuis le Jour et qui comptent tant pour nous.
Zo j’ai pas envie de pleurer mais c’était beau hier, c’était tout simple, si vrai.
Y’avait Didier, Sylvie, Kiki, Jean-Yves, Mag, Karine, Philippe, Fabréssélassié, Christophe, Eric X 2, Fred X 2, Hélène X 2, Bruno, Liliane, Loïc, le petit comptable, Jérôme… Ils avaient préparé à manger avec leurs petites mains ou leurs grosses paluches, qui du riz au lait, qui de la pizza, qui une tarte aux poireaux ou quelque chose qui y ressemblait. On a bu aussi, un peu, du vin, du champagne. Ils ont même poussé le vice jusqu’à m’offrir 3 cadeaux, un St Estèphe, un guide sur les balades à Paris, et un piège. Un coffret-box pour un week-end thalasso avec ta mère. Tu me connais, j’ai déjà débuté la négo, j’ai tâté le terrain pour voir si on était vraiment obligé d’y aller à deux ou si mes potes pouvaient nous accompagner… ou alors Gaspard. Mais pas tous les deux tout seuls au bord de l’eau pendant 48 h sinon c’est le divorce assuré !
Je ne sais pas si tu te rappelles Zo, ces 1ers footings avec eux, je les trouvais tous incroyables avec leur palmarès de rêve, 150ème aux foulées de Belvès, 201ème à la Cavale des Rapetout, 86ème à Cussac-Fort-Médoc, des noms improbables que je n’oublierai plus jamais. C’est eux qui m’ont dit que courir autour d’un stade en plein soleil aux alentours de midi, c’était normal et que ça s’appelait du fractionné. C’est eux qui m’ont fait découvrir toutes les nuances subtiles entre les amortis d’ASICS, MIZUNO et NIKE. Eux encore qui m’ont donné goût aux week-end à l’étranger, aux vraies-fausses rivalités, à la beauté de l’inutile effort.
Tu vois Zo, je leur dois beaucoup mais je pars. Je ne les quitte pas, je vais juste vivre un peu plus loin d’eux que maintenant, un peu comme avec toi, c’est grâce à toi Enzo que je n’ai plus peur des ruptures. Je sais que rien ne finit jamais que ce qu’on décide d’arrêter, que si on le veut tout continue toujours, différemment mais toujours quand même. Tout peut continuer toujours si on s’en donne la force, continuer jusqu’au jour prochain où moi aussi Zo je fermerai les yeux pour te rejoindre.
Mais avant j’ai pas envie de pleurer Zo, j’ai envie de vivre avec eux, avec toi, avec elle, avec tes frères. Avec moi aussi. Lundi ma nouvelle vie professionnelle commence, tu seras à mes côtés, ce sera ce petit ballon de rugby « déstressant » made in China que j’ai depuis juin 2010 et dont tu n’as pas voulu, je me dis que tu savais que j’en aurai besoin un jour. Tu seras dans ces photos que je poserai sur mon bureau. Tu seras dans ma tête, dans mes pas, dans mes yeux au réveil, puis au coucher. Tu seras là pour calmer mes angoisses et mes doutes qui ne sont qu’un peu de rien face au vide de ton absence.
Zo, beaucoup de moi reste à Bordeaux, un peu de toi aussi, quelques traces dans une urne, juste assez pour nous enraciner définitivement. Alors je reviendrai bien sûr. Evidemment. On a encore plein de belles pages à écrire ensemble, avec un autre clavier, d’autres photos.
Tu vois, on a juste à s’inventer demain pour que ça dure toujours.
Je t’aime Zo. Et vous aussi. I’ll be back !





















Tofjuin 15, 2012 at 06:47
Nous pensons encore un peu plus à vous durant cette journée.
Bises
La famille
nanoujuin 15, 2012 at 10:04
Il doit être fier de son papa….Nanou
kikijuin 15, 2012 at 11:08
Merci d’être là Manu tu me fais un bien fou, même plus loin on continue le chemin.
je t’embrasse.
kiki
Niñajuin 15, 2012 at 12:17
« si on le veut tout continue toujours, différemment mais toujours quand même »
C’est beau, tout simplement.
Isabellejuin 15, 2012 at 23:01
Merci, très émue à la lecture de vos mots, émotions..
Longue vie à vos projets, à cette force qui vous accompagne et à votre petit ange…
MJuliejuin 16, 2012 at 15:15
Parce nous aussi on a juste envie que ça dure toujours …
La distance kilométrique n’a rien à voir avec les sentiments et les émotions …
Bisous tous doux,
MJ, qui pense fort à vous même à plus de 6000kms … !
Magjuin 18, 2012 at 07:11
@Man: nous vous attendons sur Bordeaux ! Merci à Mel et toi pour cette aventure humaine! Et que dire pour votre étoile, toujours présente à Houilles et quelque soit votre lieu d’habitation. Je vous embrasse
sylvjuin 18, 2012 at 09:48
Le titre du billet est « s’inventer demain », je crois Man et Mel qu’il faut le remplacer par « vivre aujourd’hui ».
Un changement de cap à Houilles, avec d’autres préoccupations (prof, personnelles, familiales) et les amis seront toujours à vos côtés même à distance.
Je prends une souscription pour faire avancer la LGV Bdx/Paris en 2h. Gros bisous.