Ma vie et moi
A tribute to…
Emmanuelle est morte hier. Et moi aussi, un peu, encore. Sylvia Kristel, ce sont mes premiers troubles érotiques, quand mes copains scouts et moi on est tombé sur le numéro 12 de LUI le magazine de l’homme moderne en 1974.
Naaaaannnnn c’est pas vrai !
J’ai jamais été scout.
Et puis quand le film est sorti j’avais 6 ans ou à peu près, et à 6 ans j’ignorais tout de la belle Sylvia et de son fauteuil en rotin. Je n’ai découvert ce succès planétaire que bien des années plus tard, sur un vieux magnétoscope VHS ou V2000, les ancêtres de mon I-Pad. Je ne m’en suis jamais remis. Paraît que le film est misogyne, c’est un certain Monsieur Zimmer dans Libé qui le dit (clic) :
« (…) La femme objet évolue dans un univers de carte postale où elle n’a rien d’autre à faire que de jouer au tennis et d’enchaîner les amours éphémères. »
L’amour, le tennis, le squash, la course à pied, non, Monsieur Zimmer ce n’est pas de la misogynie c’est de l’utopie en barre !
OK je sors.
Lance est mort ces derniers jours. Lance Armstrong a été lâché par ses sponsors (clic), NIKE, TREK, MALABAR et NUTELLA. C’est triste. Non pas que j’ai une quelconque sympathie pour l’homme, mais quand même, quelle hypocrisie. J’avais écrit un brillant article visionnaire (clic) ici même le 14 juillet 2009 à 0h32 sur ce que tout le monde savait. Tout le monde savait qu’il était impossible pour un humain de monter l’Alpe d’Huez à la vitesse d’une mobylette sans le soutien forcené de la médecine ou plutôt d’une certaine application de la médecine. Lance va payer, mais tous ceux qui se sont gavés sur la bête pendant toutes ces années, des médias en passant par les équipementiers ou bien encore les fabricants d’EPO, eux, trinqueront-ils ? Lance au moins il s’est tapé tout plein de kilomètres à vélo sous le soleil et sous la pluie.
J’espère que vous apprécierez la justesse de ce combat et la force de mon engagement. Notez que j’ai défendu les frères Karabatic il y a 15 jours. Encore un effort et vous verrez que j’écrirai un article pro-Sarko quand il se reconvertira en présentateur sportif à 100 000€ la pige.
Ultime hommage du jour. Keith, il s’appelle Keith Levasseur et il a battu à Baltimore le record du monde du marathon. En tongs le record du monde. En 2h46. On n’est peu de chose finalement. Enfin surtout moi.
…A mi-chemin, le coureur en sandale a commencé à perdre un petit peu de peau sur son pied droit, mais rien de grave, ou en tout cas rien d’inquiétant pour la suite de sa course.
Oh p****n qu’est-ce que ça doit faire mal !
Voilà c’est tout pour aujourd’hui. Ah non une dernière. J’avais juré, c’était promis, Barcelone 2012 serait mon dernier marathon (clic). J’avais juré sous serment mais je vous ai menti. Vos dernières illusions sur ma force de caractère, ma probité et mon innocence ont succombé hier matin. Contre un paiement en ligne de 95€ (gloups). Je me suis inscrit au marathon de Paris du 7 avril 2013 (http://www.parismarathon.com/index.html).
Pardon.
———————-EDIT DU 19/10/2012——————————————————–
A lire sur RUE 89 un entretien avec un philosophe dont je vous ai déjà parlé (clic), voici un petit extrait qui résume bien pourquoi je me suis inscrit au marathon de Paris…
Vous évoquez aussi l’incertitude de la course. On ne sait jamais en la commençant si on va pouvoir la finir et dans quel état on va la finir. Pourquoi êtes vous intéressé par cette dimension ?
C’est une leçon de contingence radicale. Je m’embarque dans quelque chose dont j’ignore l’issue. Je peux me la représenter mais ce qui se passe dans la course est toujours plus intéressant que ce que j’imaginais au départ. Ce peut être un détail, une parole échangée avec un coureur, le surgissement d’une fanfare dans un virage. Il y a toujours de l’imprévisible qui surgit et qui ramène à cette dimension de la contingence.
Ce que j’ai voulu explorer au fond, c’est la figure du coureur qui se hasarde à courir. Tout le contraire du programmateur de son corps que certains essayent de vouloir penser aujourd’hui, comme si le coureur était un ingénieur de son corps, maître de tous ces mouvements. Cette dimension d’automate, certes présente dans la course, ne va jamais très loin. La contingence de la vie reprend ses droits.

