C’était vendredi il y a 10 jours. Une après-midi pas comme les autres. Offerte par Weleda, la marque de cosmétique bio et naturelle. Un très joli cadeau comme m’en apporte régulièrement ce blog. Une après-midi entière à l’Insep, l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance. Le temple du sport, la fabrique à champions. L’ENA des sportifs de haut niveau.
Moi, Mel et mes 1h58 et 04 secondes au semi de Paris (je vous expliquerai) (sur la tête de mon Garmin je vous jure que j’ai fait moins de 2 heures au semi de Paris).
A l’INSEP.
On peut dire que Weleda et moi c’est du sérieux, après le dossard pour la Parisienne, m’offrir une après-midi entière à l’INSEP en open bar. C’est énorme.
Le programme était chargé. Un accueil café-mignardises-eau plate pour moi. Un peu d’auto-promo pour la marque. Des professionnels de l’INSEP pour nous présenter l’endroit et nous faire l’article sur les installations, la prise en charge et l’enseignement, une nuée de blogueuses modes et beauté et quelques blogueurs de la runosphère aussi.
Au choix, on pouvait faire du sport à petite, moyenne ou forte dose, se faire masser par les kinés de l’institut themselves, avoir accès à la balnéothérapie et découvrir la cryothérapie. Tout ça au milieu d’athlètes en jogging. Franchement. J’en aurais pleuré.
D’ailleurs j’ai fait un malaise.
Je vous raconte après.
Avant, je voulais quand même vous parler de cette séance de fractionnés qui m’a tueR. Ivre ou dans un accès de folie, je ne sais plus, je me suis inscrite dans le groupe des vrais coureurs, ceux qui courent vraiment dans la vraie vie, genre Greg Runner et sa prépa de l’Ecotrail, celle du 80km.
Manifestement, on ne peut pas dire que j’ai le niveau. Cette séance mémorable de fractionnés m’a laissé exsangue et déprimée. Exsangue parce que punaise, aligner une séance de 20 fois 110m avec 30 secondes de récup après une matinée de boulot, c’est dur. Et déprimée parce que les 3 autres filles qui étaient avec moi et qui n’étaient à priori pas plus sportive que ça, m’ont obligée à me sortir les tripes pour ne pas que j’ai l’air complètement ridicule.
Ouin.
Bref. C’était quand même chouette. Ça m’a permis de ne pas faire ma sortie du samedi. Héhé.
Surtout, j’ai appris une chose importante que je vous livre bien volontiers. Le conseil running du coach Weleda, triathlète et prof de sport de son état, deux points, j’ouvre les guillemets. Quand tu es sur le point de finir une sortie longue, c’est bien de TOUJOURS terminer par une ou deux lignes de sprint. Sans te mettre minable, ça te permet de rester sur de bonnes sensations et de ne pas rester tout avachi et crevé de tes 20km que tu viens de te taper. Ton corps imprime cette dernière sensation, celle qui lui signifie que tu es bien alignée, grande, forte et rapide.
Après cette séance de fractionnés de la mort, j’ai quand même trouvé la force de me diriger d’un pas svelte et alerte vers la suite de mon programme : la chambre de cryothérapie.
La chambre de cryothérapie, c’est une espèce de grand sauna congelé à -110° dans lequel on enferme les athlètes de haut niveau pendant 3 minutes maxi pour les détoxifier et les aider à récupérer. Le froid extrême agit comme un anti-douleur, c’est un vasomoteur, un anti-inflammatoire puissant et il permet le relâchement musculaire.

Comme une vraie athlète que je ne suis pas, j’ai été obligée de passer par la case médecin avant de me geler les quadriceps. Parce qu’on ne rentre pas dans la pièce à -110° comme ça. D’abord tu vois le doc, trèèès sympa, qui t’ausculte, t’examine et donne son feu vert de non-contre indication à ta plongée dans l’âge de glace.
Puis, on t’équipe, chaussettes et chaussures, masque et gants pour éviter que tu ne perdes tes extrémités et tes muqueuses.
Ensuite, tu regardes un peu ceux qui passent devant toi et tu commences à baliser en attendant ton tour.
Tu choisis une musique que tu auras le droit d’imposer à tes petits camarades de galère pendant 3 minutes. Le générique de Rocky et son Eye of the Tiger en l’occurrence.
Et enfin, tu pénètres presque nue dans une première pièce à -10°, puis une seconde à -60° pour t’enfermer dans celle à -110° qui n’était ce jour là qu’à -90°.
Et ça fait quoi d’être à -90° ?
Franchement, ça fout un peu la trouille. Tu commences à sentir le froid glacial presqu’instantanément, tu rigoles, tu marches un peu, tu chantes et puis au bout d’une minute tu sens que le gel t’envahit et te prend.
Le gentil organisateur te dit alors de te détendre, il te décrit tes sensations avant que tu ne les ressentes et t’explique que c’est mieux de ne pas lutter contre le froid. Qu’il faut l’accepter pour mieux le maîtriser.
Le temps passe vite somme toute. Et puis tu sors.
Le GO te prend ta température cutanée qui est descendu à 10°. Tu fais wouhaou.
Tu remercies. Tu décris un peu tes sensations et tu échanges tes impressions avec les autres. Tu regardes l’heure. Tu récupères ton Iphone, tu vois que ta jeune fille au pair t’a laissé un message te disant que Gaspard a 39° de fièvre. Tu te dis que franchement les gosses hein. Tu décides finalement de rentrer. Tu salues. Tu te diriges vers la sortie.
Et là, tu ressens une douleur très forte dans la poitrine qui t’empêche de bouger. Tu t’arrêtes. Tu attends. Tu cherches du regard quelqu’un. Tu ne trouves personne. Tu te remets en marche et ton cœur se sert à nouveau trop fort pour que tu puisses continuer seule. Tu trouves enfin une âme bienveillante qui passe par hasard et qui comprend vite que ça va pas bien.
Tu tombes dans ses bras et tu te diriges rapidement avec elle dans le cabinet du doc qui te re-prend en charge vite fait bien fait.
Là, tu commences à te décrisper. Tu te laisses aller dans un fauteuil. Le doc t’ausculte et te rassure. Il n’est pas inquiet. C’est pas un infarctus. Tu n’en décris aucun des symptômes. Ton cœur bat normalement. Il a écouté longtemps.
Très certainement une douleur intercostale qui commence déjà à s’éloigner. Tu as du faire un faux mouvement en relaçant tes baskets. Ce serait bien de faire un petit check-up quand même pour se rassurer mais tu peux rentrer et reprendre le cours de ta vie d’avant.
Et oublier ta carrière de sportive de haut niveau…
Voilà, tout va bien. Malgré ce petit malaise j’ai passé un super moment et je demande pardon publiquement à Greg qui a suivi toute la scène incrédule, en se demandant si j’allais m’en sortir ou pas ^-^

Cryo cryoINSEP

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6 Comments

  1. Mamillon Mar 25, 2014 at 18:39

    Quel courage !!!! Et c’est long 3 minutes :-(( De gros bravos pour toi.

  2. kiki Mar 26, 2014 at 22:37

    C est super ce que tu as fait mel quel plan d enfer.
    Bluffant.
    Kiki

  3. valé Mar 27, 2014 at 10:09

    Wouah !!! C’est fou !!!
    Il faudra que je tente le conseil du coach Weleda…
    Bravo pour ton temps au semi.

  4. mireille Mar 27, 2014 at 23:50

    je crois que la prochaine invitation c’est 3 minutes dans l’huile bouillante. un effet bluffant il paraît ! Mais t’es pas obligée de prendre tous tes vendredis après-midi, tu peux dire que t’es pas dispo ce jour-là ! bises Mel et oui c’est sûr c’est en laçant tes baskets ! depuis quand le coeur souffrirait-il de 3 minutes à -110° ? heureusement que cet homme-médecine était là. Je lui souhaite une longue carrière à l’INSEP mais surtout qu’à l’INSEP

  5. Mel Mar 31, 2014 at 21:57

    @Mamillon : c’est largement supportable même pour une grande frileuse comme moi 🙂
    @Kiki : tu devrais tester !
    @Valé : j’ai terminé ma sortie de dimanche par un sprint comme le préconise le coach et ben tu sais quoi ? C’est vachement bien !
    @Mireille : attends attends attends, tu veux dire quoi ? Que j’ai risqué ma life ? Tu crois qu’il faut que j’arrête de tout tester comme ça à mon âge, hein ? C’est ça que tu veux me dire ?
    Tristesse.
    Des bises mimi !

  6. mireille Avr 2, 2014 at 17:39

    mais Mel même ton mari a compris qu’il risquait moins avec le salon des vignerons indépendants qu’avec ces expériences ! et pourtant il partait de vraiment vraiment loin !

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