D’abord tu cours surtout pour maigrir ou pour t’aérer l’esprit. Parfois, tu en profites pour retrouver ton mari, tes enfants, tes copines et passer un bon moment. Il arrive que tu te prennes même un peu au jeu du chrono et que tu t’entraînes pour descendre sous les 50mn au 10km ou que tu envisages de parcourir 42km en moins de 5 heures. Pendant toutes ces années , tu te demandes souvent ce que tu fais là sous la pluie, dans le froid, tôt le week-end à attendre le coup d’envoi d’une course, entourée de dizaines d’autres personnes en short, comme toi.

Et puis un jour, tu comprends que tous ces kilomètres avalés n’ont pas été vains. Que c’était le préalable à l’organisation d’un bel évènement que tu monterais avec des gens d’univers différents mais avec la même envie que toi.

Tu bosses avec ces gens d’univers différents qui ont la même envie que toi pendant des mois, tu surmontes tes appréhensions, tes doutes et tu fonces ensemble tout droit vers un seul but : hier matin.

Là, tu te réveilles hyper tôt alors qu’on est dimanche et que tu t’es couchée hyper tard la veille, tu embarques fils et mari et tu files vers le Château de Vincennes où doit se tenir la Course Odyssea. Tu retrouves les gens différents qui ont la même envie que toi et tu attends avec eux un peu anxieuse que les 900 autres collaborateurs de ton groupe n’oublient pas d’arriver.

Tu sais  au fond de toi que la mayonnaise va prendre mais tu doutes quand même. Et si notre envie ne suffisait pas ? Si les gens ne suivaient pas ? Tu as voulu embarquer des enfants handicapés sur des joëlettes aussi. Leurs parents, leurs frères et soeurs, leurs amis et collègues. Les obstacles se sont accumulés, c’était des signaux forts qui auraient du t’alerter, te convaincre de laisser tomber avant de tout foirer. Mais tu t’es obstinée, pour eux, pour toi, pour lui.

Finalement, les gens arrivent, ils arrivent petit à petit. Tout le monde arrive sauf les enfants des joëlettes. L’heure du départ approche, il faut faire partir ses satanés joëlettes vides sur la ligne de départ avec l’espoir que les enfants finiront bien par arriver. Toi, tu restes sur le stand à les attendre. Olga arrive, enfin. On l’installe, elle partira. Sans Kim qui n’arrive décidément pas.

La rage, le désespoir, la tristesse se mélangent dans ton ventre. Manu est avec la joelette vide au départ, il t’appelle, laisse des messages que tu n’écoutes pas. Tu sais que Kim n’est pas là bas avec lui.

Il est 8h42, à 45 c’est le départ, 3 minutes.

Kim apparait, sortant de nulle part dans son fauteuil roulant rouge. Tu n’as pas le temps de remarquer que c’est le même que celui qui transportait Enzo partout, tu réaliseras plus tard. Il faut courir, crier, pousser les gens par centaines amassés pour qu’elle puisse passer et arriver à temps. La chance, le bol, le hasard, les anges te prêtent leurs ailes, ils sont avec nous.

A 8h47, Kim est installée, tu as fais retarder le départ qui finit par être donné. Des clowns de l’hôpital sont venus aussi, ils amusent les enfants malades de l’Etoile de Martin et courent devant eux, ils rient aux éclats. Je m’effondre en larmes dans les bras de Manu qui se demande ce qu’il a fait pour me mettre dans cet état là.

Je rejoins les gens différents qui ont la même envie que moi. Les sourires et les regards que j’échange suffisent à me faire oublier la rage de ne pas t’avoir avec moi.

L’année prochaine, on s’organisera encore mieux et on recommencera …

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2 Comments

  1. val Oct 5, 2015 at 17:03

    et finalement,vous avez couru?

  2. Mel Oct 17, 2015 at 17:41

    Non, pas la course mais on a couru toute la matinée dans tous les sens. Un peu…

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