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9 ans déjà 9 ans et 9 mois que papa a planté dans maman la petite graine du vigoureux tonique intelligent subtil drôle moqueur tricheur rageur teigneux chevelu suceur de pouce appliqué footballeur tennisman musclé magicien vivifiant surprenant gueulard gâté victime de la mode explosif affectueux touchant vif d’esprit spontané comédien douillet Gaspard.

On a  fêté ses 9 ans avec ses potes au foot-max d’Argenteuil (clic) une prestation 1h de foot in door – 1h de coca/bonbons le tout animé par un animateur footeux pour 170€ sans le gâteau d’anniversaire, sympathique accueil, bel espace, simple, convivial, installation parfaite pour le foot en salle, tout est fait pour que les mômes se sentent bien et s’amusent. Gaspard a kiffé sa race, s’est amusé comme un petit fou, il a déjà pris RDV pour l’année prochaine avec le foot-max d’Argenteuil (clic).

Plus d’info sur le site internet du franchisé : http://argenteuil.foot-max.fr/ (clic).

J’ai décerné à Gaspard la coupe du meilleur joueur du monde de l’après-midi. Et comme je suis de gauche et fan de Jacques Martin j’ai  remis une coupe à tous ses copains et copines, merci LEBONCOIN.FR ! je sais, je suis un mec bien.

foot max argenteuil

Et quelques photos du Messi d’Argenteuil avec mon œil photographique estampillé DMC-LX 100 on part au paradis de ses 9 ans. Pour vous souvenir quand vous aviez 9 ans

Instagram ou AMSTAMGRAM comme dirait Gaspard c’est le réseau social où vous me trouverez si  je ne suis pas sur le blog un matin. Ou deux. Ou trois… comme ça vous aurez de mes images tous les jours.

Photos de femme, la mienne je n’ai pas les moyens d’en avoir plusieurs, photos de rue photos de vie photos de petits vieux sur un banc photos de sport  je partage ce que j’aime parce que je suis un mec de gauche. Libre. Libéré. Et âgé. Avec des tendinites. Et un crawl à pleurer de rire.

Allez come on je vous embarque sur Instagram avec mon Panasonic DMC-LX 100 :  https://www.instagram.com/auxangesetc.fr/ (clic).

Clic clac souriez !

La légende dit qu’il y a fort fort longtemps à Anglet, deux amoureux avaient l’habitude de se retrouver dans une grotte face à l’océan protégés du regard de leurs parents qui leur interdisaient de s’aimer.
La légende dit aussi qu’un jour d’orage, la mer poussée par le vent s’engouffra dans la grotte plus vite que d’habitude et emporta les jeunes amants.
Depuis, la grotte s’est appelée la Chambre d’amour et a donné son nom à la plage.
J’ai entendu cette légende pour la première fois il y a 5 ans. C’était l’été juste après le Jour. Nous avions loué une jolie maison pour lui et nous, quelques mois avant qu’Enzo ne meurt.

On voulait partir tout près de Bordeaux pour repartir facilement si une transfusion ou un problème nous obligeait à le rapatrier d’urgence.

Il devait venir avec nous mais voilà il est parti avant. Après avoir hésité, on a décidé de partir se ressourcer et se reposer quand même à Anglet. C’était doux malgré l’horreur de ce vide dans lequel on a plongé.

La semaine dernière on est retourné à Anglet, on a marché un peu le long de cette plage, on a mangé chez Diavoli. C’était l’été.

On avait prévu quelques jours de vacances à Bordeaux mais pas du tout cette escapade sur la côte basque, c’est sans doute la raison pour laquelle ce fut si douloureux pour moi. Pas de temps de préparation mentale et bim, je me reprends le 15 juin 2010 et toutes ces images affreuses violemment d’un seul coup en pleine tête.

Bêtement, j’attendais un signe, un truc, quelque chose qui vienne de là haut mais non, j’ai rien vu ou pas grand chose. Un chat sur un plan d’un appart qu’on achètera sûrement à cause de ça. Aussi.

On avait passé une partie de la journée de la vieille avec Julie, ton docteur. C’était peut-être ça le signe.

Ou peut-être c’est Interstellar, le signe, ce film que j’ai voulu voir le lendemain de notre retour d’Anglet. Une envie d’infini. En tous cas, il m’a fait pleurer ce papa qui appelle sa fille de son trou noir sans qu’elle ne puisse l’entendre. Moi qui d’habitude vois des signes partout, qui te cherche dans les moindres formes de nuage, là j’ai pas voulu croire au trou de ver, à la 5ème dimension, à ces retrouvailles dans une autre vie. A cet au-delà dans lequel tu n’es sans doute pas.

Voilà, la Chambre d’amour, Anglet, Bordeaux, Julie, c’était bien mais t’es plus là.

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D’abord tu cours surtout pour maigrir ou pour t’aérer l’esprit. Parfois, tu en profites pour retrouver ton mari, tes enfants, tes copines et passer un bon moment. Il arrive que tu te prennes même un peu au jeu du chrono et que tu t’entraînes pour descendre sous les 50mn au 10km ou que tu envisages de parcourir 42km en moins de 5 heures. Pendant toutes ces années , tu te demandes souvent ce que tu fais là sous la pluie, dans le froid, tôt le week-end à attendre le coup d’envoi d’une course, entourée de dizaines d’autres personnes en short, comme toi.

Et puis un jour, tu comprends que tous ces kilomètres avalés n’ont pas été vains. Que c’était le préalable à l’organisation d’un bel évènement que tu monterais avec des gens d’univers différents mais avec la même envie que toi.

Tu bosses avec ces gens d’univers différents qui ont la même envie que toi pendant des mois, tu surmontes tes appréhensions, tes doutes et tu fonces ensemble tout droit vers un seul but : hier matin.

Là, tu te réveilles hyper tôt alors qu’on est dimanche et que tu t’es couchée hyper tard la veille, tu embarques fils et mari et tu files vers le Château de Vincennes où doit se tenir la Course Odyssea. Tu retrouves les gens différents qui ont la même envie que toi et tu attends avec eux un peu anxieuse que les 900 autres collaborateurs de ton groupe n’oublient pas d’arriver.

Tu sais  au fond de toi que la mayonnaise va prendre mais tu doutes quand même. Et si notre envie ne suffisait pas ? Si les gens ne suivaient pas ? Tu as voulu embarquer des enfants handicapés sur des joëlettes aussi. Leurs parents, leurs frères et soeurs, leurs amis et collègues. Les obstacles se sont accumulés, c’était des signaux forts qui auraient du t’alerter, te convaincre de laisser tomber avant de tout foirer. Mais tu t’es obstinée, pour eux, pour toi, pour lui.

Finalement, les gens arrivent, ils arrivent petit à petit. Tout le monde arrive sauf les enfants des joëlettes. L’heure du départ approche, il faut faire partir ses satanés joëlettes vides sur la ligne de départ avec l’espoir que les enfants finiront bien par arriver. Toi, tu restes sur le stand à les attendre. Olga arrive, enfin. On l’installe, elle partira. Sans Kim qui n’arrive décidément pas.

La rage, le désespoir, la tristesse se mélangent dans ton ventre. Manu est avec la joelette vide au départ, il t’appelle, laisse des messages que tu n’écoutes pas. Tu sais que Kim n’est pas là bas avec lui.

Il est 8h42, à 45 c’est le départ, 3 minutes.

Kim apparait, sortant de nulle part dans son fauteuil roulant rouge. Tu n’as pas le temps de remarquer que c’est le même que celui qui transportait Enzo partout, tu réaliseras plus tard. Il faut courir, crier, pousser les gens par centaines amassés pour qu’elle puisse passer et arriver à temps. La chance, le bol, le hasard, les anges te prêtent leurs ailes, ils sont avec nous.

A 8h47, Kim est installée, tu as fais retarder le départ qui finit par être donné. Des clowns de l’hôpital sont venus aussi, ils amusent les enfants malades de l’Etoile de Martin et courent devant eux, ils rient aux éclats. Je m’effondre en larmes dans les bras de Manu qui se demande ce qu’il a fait pour me mettre dans cet état là.

Je rejoins les gens différents qui ont la même envie que moi. Les sourires et les regards que j’échange suffisent à me faire oublier la rage de ne pas t’avoir avec moi.

L’année prochaine, on s’organisera encore mieux et on recommencera …

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Il est 17h42, je suis au bureau, la journée se termine et tout à coup sur mon téléphone, ce message de ma soeur. Est-ce qu’on dit Je vais AU Danemark ou je vais EN Danemark ? Et pourquoi ?

Qu’elle me pose cette question étrange alors qu’elle est à Milan et moi à Paris et qu’elle disparaisse avec ma réponse comme si elle avait passé la tête à la porte de ma chambre, parce qu’elle sèche sur son exo de grammaire m’a transportée en 1980. C’était doux et sucré à la fois, comme quand on était petites et ce petit échange anodin a suffit à adoucir le reste de ma journée.

A part ça, la semaine se termine, j’ai bien du mal à tenir mes lubies. Je préfère la méditation à l’écriture matinale. Entre l’un et l’autre, souvent je dois choisir. Il faudrait que je recule mon réveil de 30 autres minutes pour réussir à tout boucler. Trop dur. Trop tôt. Me voilà bien obligé d’abaisser le curseur de mes bonnes résolutions de rentrée. Et je ne parle même pas de mes deux séances de natation hebdomadaire qui se sont (déjà) volatilisées dans les limbes du week-end.

A la place, j’avale des livres dont il faudra que je vienne vous parler ici absolument. Et surtout de L’homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura qui m’a embarqué dès la première des 900 pages que compte ce chef d’oeuvre. Ou comment se languir de prendre le métro chaque jour pour se retrouver submerger par le flot de l’histoire.

 

 

 

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