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La saga historique de l’été 2013 se poursuit sur MALINMALIGNE, mesdames ne partez pas, on va parler technique… et histoire drôle.

Une discussion de 20 minutes au téléphone avec Rob’, il me raconte plein d’anecdotes, évoque une british revue hebdomadaire consacrée à l’athlétisme, je comprends mal, je l’inclus dans mes questions par mél, il me répond avec un humour très 1er degré dont jamais je ne me relèverai…

–          ATHLETIC SWEETY, c’était quoi ce magazine ?

 « ATHLETICS WEEKLY »  plutôt !  ATHLETICS SWEETY, j’imagine c’est de l’athlé pour homos

« ATHLETICS WEEKLY » (couverture de l’exemplaire de mars 1972) publication hebdo : tous les résultats des courses, meetings 1 semaine après l’évènement, articles concernant l’entrainement, diététique etc. Distribué par courrier et lu par tous les athlètes du pays, donc tout le mondes se connaissait.

une-athletics-weekly-1971En Une de ce numéro d’ATHLETICS WEEKLY, Ron Hill en train de gagner le marathon de Manchester en 1971. Ron était également « Docteur » et chercheur en chimie ; ancien champion d’Angleterre en cross pendant les années 60 et puis spécialiste de route et de marathon. Il a beaucoup innové en matière d’équipement et il a expérimenté avec des maillots à résille pour améliorer le refroidissement du corps lors des courses par température élevé. Au début des années 70 il a commencé à faire fabriquer ses propres marques de shorts et de maillots et, par la suite, a laissé tomber son emploi pour se consacrer uniquement à son entreprise de diffusion d’équipement de course à pied. Personnage très populaire, il est venu camper avec sa famille pour le Marvejols Mende de 1977 ; les 25 coureurs / campeurs ont partagé de nombreuses entrainements et ont participé à la vidange de caisses entières d’un crémant bon marché : « L’Etoile des Neiges » au café de la Paix.

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–          C’était quoi les pubs dans les magazines de l’époque ? tu courrais avec quoi ?

pub-gola-années-70Voilà une  publicité pour les chaussures Gola. Avant l’arrivée des Nike en 1978 , on avait peu de choix pour les chaussures : Adidas mais peu adapté : 2 fabricants artisanaux dont Reebok et Walsh, EB, un artisan allemand et des Tiger (ASICS) prévues plutôt pour le hand mais extrêmement légers. Pas mal de monde courrait pieds nus (déjà Bikila à Rome sur marathon et sur route !) à l’époque. Moi c’était pour m’entrainer sur les pistes en herbe, lors des séances dans les dunes de sable ou lors des cross très boueuses .

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–          Tu peux m’expliquer la technique bien à toi pour soigner les tendinites du talon d’Achille ?

Une paire de Nike Oregon, qui n’avait qu’un épaisseur minimale sous le talon,  une température de 35°, une route de macadam fondu et une descente pentue vers Mende. Après quelque semaines de problèmes au tendons, je n’avais plus de douleurs après le Marvejols Mende de 1977.

 

La suite de la saga de l’été 2013, les aventures de Rob’, coureur élite des années 70 (clic)

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Je crois que le Tour du Sundgau (c’est la région du Jura Alsacien proche de la frontière suisse) n’a eu lieu qu’en 77 et 78.

L’une des rares courses par étapes, c’était organisé par un coureur/restaurateur Philippe Hirtzlin (disparu sans traces en laissant famille et restau quelques années après). Si je me souviens, la course réunissait une centaine de coureurs qui venaient camper dans le secteur pour les 5 jours.

Y participer était un peu contraire aux objectifs compétitifs sur semi, etc. parce que la récupération la semaine suivante n’était pas évidente. Toutefois, l’expérience d’une typologie de course assez rare était intéressante, surtout en permettant de savoir comment on réagit aux efforts répétés.

Je crois que c’était le même année (Pentecôte) que j’ai fait 5° dans une course  internationale de montagne au Saut du Doubs le samedi, gagné le 26 km de Censeau le dimanche et honoré l’invitation d’un ami coureur pour faire une course de 5 km prés de Thionville dans le cadre d’une fête de jeunesse, le lundi.

Sur piste on avait l’habitude de faire 2 courses à 2/3 heures d’intervalle : série/finale de 1 500m lors des championnats ou combinaison de 800/1500 ou 1500/3000M .

Je ne peux pas dire que j’étais particulièrement fatigué à l’arrivée du tour du Sungdau et il n’y avait pas foule. La seule « groupie », courant très lentement à l’arrière du peloton, a fait la fête avec Hans Van Kasteren, coureur sérieux du Pays-Bas mais dont les performances ( du moins sur la route) ont baissé les 2 derniers jours.

78  était une bonne année, mais un programme de courses très hétéroclites et beaucoup de voyages n’ont pas aidé les performances. J’ai dû finir l’année par le marathon de Neuf-Brisach en 2 :25.

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Résumé du préquel : j’ai connu Rob’ et Mike par la grâce du hasard des nécessités de la vie (clic), et des mystères de la course à pied. C’est dingue comme le sport, en entreprise ou ailleurs, peut casser toutes les frontières de langues, d’âges, de sexe, de hiérarchie,… comme le sport peut vous faire connaitre des gens que vos habitudes écartent soigneusement de votre route.

Alors be cool, be open, sortez les pétards. Bienvenue dans les seventies !

Ça sent bon le patchoulis, les pattes d’éph’, on court en short satiné, les cheveux sont longs, la moustache bien touffue, le running n’est pas encore pratiqué en masse, c’est l’affaire d’esthètes, d’une bande de jeunes comme le marketing  le vend à présent dans ses pubs à 2 balles. Ou à 2 millions d’€.

robert-towler-semi-marathon-de-MetzAvec Rob’ le dialogue s’est enclenché naturellement dès le 1er repas à la cantoche, malgré nos quelques mois de différence d’âge, nos années de différences chronologiques vu son record sur marathon (2h22)… j’y suis allé un peu ému quand même, Rob’ m’avait adressé un mél pour me parler de sa vie de coureur après parution de cet article (clic). Depuis je ne le quitte plus, je lui colle aux baskets. Alors quand il m’a remis, à ma demande, des coupures de presse du temps d’avant, je me suis dit que vous aussi vous gagneriez à le connaître…

 

–          Dis Robert, c’était comment la course à pied dans les années 70 ?

Je suis arrivé en France en juillet 1973 après une carrière de coureur de lycée, de club et d’université en Angleterre à partir de 1960 ( mes carnets  d’entrainement commence en septembre 1960). La pratique de la course à pied  était restreinte à des compétiteurs, membres de clubs. Le niveau était extrêmement élevé. Par exemple, en juin 1971 j’ai couru 8’25 pour 3 000m, je me retrouve à peine dans les 100 meilleurs en Angleterre et en  1972, étant toujours en bonne forme, je fais autour de 60ème au  championnat universitaire de cross. Les couses étaient de nombre limités ;
pour une course sur route de 16 km ( distance classique = 10 miles), il y  aurait eu entre 70 et 100 coureurs mais l’Angleterre est un petit pays, les  gens cherchaient des courses et se déplaçaient. Il fallait descendre sous les 50 minutes pour être proche du vainqueur.

J’arrive en France et débute avec Fernand Kolbeck (clic) au PTT de Strasbourg. Le niveau est moins élevé mais ça s’explique par la géographie et la densité de population . Peu de courses, donc il fallait se déplacer loin et, automatiquement, le niveau était plus dense. Le haut niveau était organisé autour des clubs de PTT avec des possibilités d’horaires allégés, déplacements payés et cachets de la part des organisateurs.

C’était le début des courses sur route et le développement des courses « populaires ». La revue Spiridon a fait beaucoup pour populariser la course à pied, mais la fédération a combattu  l’émergence des courses (hors stade) pendant longtemps. Il y avait peu de vétérans et peu de filles, surtout que le marathon était interdit aux femmes au début des années 70. Le manque d’intérêt de la Fédération est illustré par l’organisation des championnats de France de Marathon en 1974. Couru un samedi après-midi en début août par une température de 35° sur un parcours très vallonné et mesuré approximativement en voiture. De plus le futur vainqueur, Fernand Kolbeck, était obligé de sauter une barrière de passage à niveau à 16 km et est passé de peu devant la locomotive du train.

Toutefois il y régnait une ambiance très amicale, on voyait toujours les mêmes personnes. On se rendait aux couses quelques jours avant et se retrouvait en camping.

 

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 –          Le semi-marathon de Metz intervient à quel moment de ta carrière ?

Je n’ai jamais fait une « carrière » de sportif. C’était une partie de ma vie mais secondaire par rapport aux études et le développement de mes activités professionnelles. Je ne pense pas que je possédais la capacité physique de faire beaucoup plus soit à l’entrainement soit  en course  . Dans les années 70 les coureurs internationaux ont participé comme n’importe qui à la vie de club et ils couraient régulièrement en cross, piste ou sur route. Ils était abordables et ça permettait de se situer par rapport à leur niveau. Je me suis fréquemment entrainé avec Kolbeck ou Jean Conrath (champion de France 5000m en  76 et éliminé en série aux jeux de Montréal) : ils avait une tout autre capacité que nous autres. Pour moi, l’objectif était de m’améliorer ou au moins de bien préparer certaines courses, notamment des marathons. 78 était le début de mes activités d’architecte en libérale donc en 79 j’étais un peu moins performant et puis les enfants à partir de 1981 ont contraint un peu l’entrainement. Mais j’ai toujours continué la compétition, avec de moins en moins de préparation jusqu’en 2009 et un infarctus relativement sérieux. La cause n’était pas la course à pied mais la condition physique m’a permis de récupérer correctement . Vu mes antécédents héréditaires, sans la course j’aurais souffert quelque chose de plus grave et plus tôt. La morale : ce n’est pas parce qu’on court qu’il négliger d’effectuer des contrôles du cœur et du cholestérol.

 

–          la programmation des entraînements  leur contenu,  les connaissances sur la physiologie de l’effort,… c’était très différent d’aujourd’hui ?

L’approche de l’entrainement était aussi scientifique qu’aujourd’hui. Il y avait un volume important de publications sur le sujet ( Van Aaken, Lydiard,..) ainsi que sur la diététique. On avait accès aux équipements hospitaliers pour des tests d’effort et le calcul du VO²max. L’entrainement était de qualité, peut-être trop quelques fois. Ce qui était clair c’est qu’il fallait un travail important pour réussir : de l’ordre de 100 km par semaine pour un coureur régionale et 150 km ou plus pour le niveau international.

L’organisation de la saison de compétition était très structurée :

–          Septembre/ octobre : courses de relais, souvent en cross ( 6x3000m)

–          Novembre/décembre/janvier/février /début mars : cross avec les championnats départementaux début janvier, les régionaux début mars et le « national » début mars. ( Le national était une course mythique : 1000 coureurs avec les engagements par clubs de 9 coureurs. Le national de 1972, course de 14 km, couru dans des conditions dantesques( boue, ruisseaux et un blizzard de neige). Un official mort de crise cardiaque, des coureurs transis de froid à l’arrivé. J’ai fait ma meilleure place en finissant 200°, ai trottiné 3 km jusqu’au vestiaire dans une école, pris un bain dans une baignoire remplie par des pompiers dans le cour de l’école et suis parti au pub avec les coéquipiers)

–          Mars /avril : relais sur route culminant au championnat national de 12 ( 6x 5 km et 6x 10 km)

–          Mai/juin /juillet/aout : piste ou route ( ou les deux).

L’entrainement :  Dimanche footing de 90 mins en groupe suivi d’une visite au pub avant midi

Lundi : Entrainement personnel : 60 mins fartlek

Mardi : tôt le matin, 30 mins de footing ; le soir entrainement de club, fartlek ou piste ( 10x 400 avec 90 secs de récup) avec footing avant et après

Mercredi : footing seul de 80 à 90 minute en descendant à 3 :30 au kilo

Jeudi : comme mardi

Vendredi : footing léger ou repos ( pub)

Samedi : course

Je suis bavard, je sais.

 

Non Rob’, t’es pas bavard, t’es une mine, un puits de pétrole et je prends un plaisir absolu à lire tes années d’avant.

Moi, à l’époque, mon père m’emmenait voir des courses de moto-cross… j’ai tout raté ! Vivement l’épisode 2, c’est la saga de l’été 2013 !

 

 

 

J’avais 16 ans en 1984 au moment des Jeux Olympiques de Los Angeles, 16 ans quand je me suis levé à 3 ou 4 heures du mat’ pour le direct-live des médailles d’or de Carl Lewis, l’homme au fameux  corps de  www.ma-prochaine-vie-réincarnée.com .

1984. Los Angeles. Je vous mentirais si je me souvenais du  marathon et de la 3ème place de l’anglais Charlie Spedding (clic), dernier coureur de Sa Majesté médaillé sur 42,195 km, toujours recordman de l’Union Jack en 2h08.

2013. Scène improbable. Deux  anglais, une anglaise, une italienne, un français, la vraie Europe attablée dans une pizzeria du Vésinet un soir de juillet.  Michael et Rob’, nos english men, c’est la série Friends  cinquante ans plus tard. Ils ont tout connu ensemble depuis les seventies et leurs galops d’essai sur les terrains gras des hippodromes universitaires de London ou… Nancy-Brabois en Meurthe-et-Moselle.

Ne cherchez pas l’erreur, il n’y en a pas.

Je vous parle d’un temps où le marketing et le fric n’avaient pas encore totalement tué  toute idée de sport, où ADIDAS présentait un seul modèle de chaussures de running et sans effet BOOST, un temps où les raisins secs s’ingurgitaient sans tube, où la vitesse moyenne des coureurs des rares marathons du dimanche avoisinait les 5 mn au km.

Moyenne la vitesse.

Ce temps du c’était mieux avant, Mike et Rob l’ont narré à nos oreilles écarquillées sans nostalgie aucune, tout en modestie, entre dix gorgées de Chianti et trois bouchées de pizza. En toute modestie. Vu que Rob’ a un record de 2h22 sur marathon.  Mike de 2h36, qu’en plus il est le frère de Charles Spedding et accessoirement scientifique mondialement réputé. Il a publié dans NATURE. Un article qui confirme que courir favorise le développement du cerveau. J’en étais sûr !

Un moment comme une irréelle plongée tout habillé dans le grand bain d’années vécues enfant avec Mel, que nos yeux d’adulte ont revisionné en cinémascope avec les sous-titres en français de nos deux conteurs aux cheveux blancs.

A dire vrai, peu importe comment le labyrinthe de ma vie de rat de laboratoire m’a conduit à cet instant précis de notre existence. Ou peut-être que si. Peut-être que le cancer du sang révélé en juin 2010 à Charles Spedding et dont il s’est sorti est le signe de la nécessité de cette rencontre. Indispensable à nos vies même s’il faut bien reconnaître que Mel a traîné des ASICS pour m’accompagner…

Mike et Rob’, je vais vous les faire découvrir tout cet été. Enfin… s’ils le veulent bien !

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Hier, j’ai fait un rêve. J’étais dans le village Kinder avec des promesses de Nutella partout, entourée de champions olympiques beaux comme des Kinder Bueno. Il y avait Ladji Doucouré, Jo Wilfried Tsonga, Tony Parker, Marc-André Cratère et Tony Estanguet. Là à portée de main. Tout de blanc vêtu avec leur prénom dans le dos et des gardes du corps taille XXL. (mention spéciale pour celui de Tony Parker qui faisait deux tailles de plus que les autres).
Et moi, venue là pour assister comme l’an dernier (clic) à la rencontre magique de ces champions avec quelques 200 enfants, invités par le Secours Populaire et Ferrero à passer une semaine de vacances dans la base de loisir du Temple-sur-Lot.

Je n’étais pas seule sur ce coup là. Virginie (clic), ses enfants Jules et Rosalie et une tripotée de journalistes, étaient également présents pour l’occasion.
Je pourrais vous raconter mon interview des champions, l’excellent cocktail déjeunatoire à base de pruneaux ou l’étrange mélanges des genres journalistiques de mon équipe du jour (Une stagiaire de l’Huma, un autre d’Investir et Benjamin de TV grandes chaînes.) ( Moi non plus je ne connaissais pas Tv Grandes chaînes) mais tout ça n’est pas très important.
L’important c’est tous ces enfants, leurs yeux, leur bouille émerveillée, leur bonheur d’être là dans un centre de vacances au soleil à des centaines de km de leur misère sociale.
Deux millions de personnes aidées par le Secours populaire il y a 3 ans, 2 800 000 cette année, un enfant sur trois qui ne part pas en vacances et au milieu de tout ça un vrai partenariat entre Ferrero et le Secours Populaire pour leur offrir ce luxe indispensable que sont les vacances.
L’important c’est aussi ces immenses champions dispo, accessibles, souriants, heureux d’être là qui étaient juste venus jouer avec les enfants, les initier au tennis ou à l’athlé. A ce stade je pense qu’il est inutile d’établir un parallèle avec des joueurs de foot, je laisse les débats de fond à Bob.

Je termine sur la question du siècle que j’ai posée à Ladji Doucouré :  » On m’a dit que vous n’alliez pas profitez du coktail avec nous, qu’ellez-vous manger ? » (oui je suis un peu obsédée par la nourriture dernièrement) Réponse : « Zéro gras, des sucres lents et énormément de légumes »

Je commence donc un régime Doucouré de suite, afin d’être prête pour mes prochains JO, qui pour moi doivent se dérouler demain. Ceci est un message codé. Je ne peux encore rien vous dire si ce n’est que j’ai besoin de toutes vos bonnes ondes entre 10 et 12 demain matin…

 

 

 

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