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Vous en pensez quoi vous de Maria Kang ? Maria qui ? Maria Kang. Une américaine of course photographiée avec ses mômes et son top corps, sous les sunlights d'un "What's your excuse?"analysé comme culpabilisateur, moralisateur, responsabilisateur... par tout un tas d'intellectuels. Ou de chiennes de garde.

Maria Kang c’est mon amie sur Facebook. Mate comme elle est gaulée après 3 mioches pondues à la chaîne comme des poussins en batterie ! Sa photo de famille est accompagnée d’un appel au sport et à la rigueur morale : What’s your excuse ? ce qui grosso modo signifie en français, je simplifie : toi, feignace, avachie sur ton canapé en train de boulotter de la Hagen Dazs et de mater la télé quand les mômes sont couchés, t’attends quoi pour bouger ta grosse cuillère et devenir fit comme moi ?

maria kang

C’est rien de dire que sa photo de pendaison de bétaillère a bousculé les consciences endormies. Suscité les prises de position les plus vives. Déchaîné la colère des éleveurs bretons. Entraînant une énième reculade du gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui préparait un projet de loi sur l’indispensable égalité des femmes au Club Med Gym, quintuplement du prix de l’abonnement pour les plus minces et  financement par la sécurité sociale pour les plus… rondes.

A dire vrai, ce magnifique sujet de société me divise. Un article profond là (clic), une thèse ici (clic), en résumé, il faudrait stopper net le diktat de la beauté, à poil, tout le monde pareil, appliquer des politiques correctives de tout et de rien, promouvoir les grosses (le problème semble plus prégnant pour les dames), fermer les yeux en entretien de recrutement et dans la vie professionnelle, se forcer à épouser les moches et méchantes pour sauver la planète, j’en passe et des encore pires. Beau et Bien même combat, des siècles que ça dure, au bal de promo du monde, c’est toujours Cendrillon qui se fait enfiler la pantoufle de vair pendant que la mère Denis tripatouille le linge. Au lavoir.Toute seule. Dans le froid. Avec ses big pognes, ses rides du lion, son battoir et son tablier défraîchi.

Personne pour l’accompagner. Pas vous. Surtout pas moi.

Alors pourquoi m’assassiner et trucider Maria Kang et pas… l’Oréal, les chirurgiens esthétiques (hein toi qui te fais refaire la cloison nasale avec l’argent de la sécu ?), ton patron qui paie Ursula plus que  Germaine, les fabricants de produits alimentaires à 0%, Miss France,… Maya l’abeille et ses grosses rayures ? Maria Kang a le mérite de sa franchise, elle dit ouvertement, gratuitement, ce que les magazines ELLE et VOICI te vendent sournoisement à longueur de pages de pub et de mannequins-journalistes-présentatrices-animatrices-etc. photoshopés. Que tu ne seras jamais dans ta real life.

Sois en certaine amie lectrice, après des années de pratique personnelle,  je te garantis  comme Maria qu’avec un peu de sport, disons 3 fois 20 minutes par semaine, et un simple rééquilibrage alimentaire,  toi aussi tu vas changer profondément ta plastique corporelle. Ni plus ni moins et c’est déjà ça. Et si tu en as envie parce que si ça se trouve tu ne me demandes rien et moi aussi je te trouve belle comme t’es.

C’est sûr, c’est plus facile quand on est cadre ou mère au foyer (qui l’a choisi), avec du blé, sans handicap ni maladie, de faire de son corps une sculpture à l’essai. Mais c’est bien à vous que Maria s’adresse non ? Les autres, elles les ont, leurs excuses…

Concluons par les propos de Maria, en anglais, juste avant qu’elle ne soit brûlée sur le bûcher de sa vanité. En anglais parce que si à ton âge et à l’heure du oueb t’es pas bilingue, t’as aucune excuse non plus.

What I WILL say is this. What you interpret is not MY fault. It’s Yours. The first step in owning your life, your body and your destiny is to OWN the thoughts that come out of your own head. I didn’t create them. You created them. So if you want to continue ‘hating’ this image, get used to hating many other things for the rest of your life. You can either blame, complain or obtain a new level of thought by challenging the negative words that come out of your own brain.

With that said, obesity and those who struggle with health-related diseases is literally a ‘bigger’ issue than this photo. Maybe it’s time we stop tip-toeing around people’s feelings and get to the point. So What’s Your Excuse?

Le Facebook de Maria Kang (clic) et son site (clic)

 

Sur MALINMALIGNE on vous parle de sport. Mais pas que. On vous cause aussi de nos contradictions sportives. Mel qui s’arrête et qui reprend, puis qui ne reprend plus depuis qu’elle a trouvé une bonne excuse, enfin… un travail. Et moi qui en fais des tonnes, sans jamais vraiment savoir pourquoi. Ni pour qui. Quoique pour le marathon de Paris je sais pour qui j’ai couru :  Amaury Sport Organisation a fait 5,6 millions de chiffre d’affaires et une marge brute de près de 30% (clic).

Gloups.

La critique du sport est donc plus que jamais indispensable. Faut tout changer. Commencer par ne plus regarder les matchs de foot à la télé. Je suis abstinent depuis près de 2 ans  et ça va, je vais bien, c’est donc possible. Je ne connais même pas Ibrahimovic. Que Gaspard lui connait très bien, misère. Je crains le jour où il me demandera de l’accompagner voir le PSG. J’ai déjà rédigé mon discours en réponse, je le lui lirai avec toute la solennité que requerra ce moment crucial pour l’avenir de la famille.

Me suis inspiré des écrits de Fabien Ollier, vous vous souvenez de Fabien Ollier ? mais si, allez un effort, c’est ici (clic) et (clic)  et encore là (clic), c’était l’époque où MALINMALIGNE commençait son virage à gauche…ou plutôt faisait son coming out gauchiste.

Le nouveau numéro de la revue QUEL SPORT va paraître le 15 mai, vous pouvez la trouver à Paris dans la librairie Compagnie, rue des écoles. C’est là qu’elle est le mieux valorisée. Il y a aussi les librairies Publico, Point du jour, La Manoeuvre et La Brèche. Dixit Fabien Ollier.

quel-sportVoici le pitch du n°21-22 de mai 2013 :

L’accumulation des scandales de dopage, de corruption et de matchs truqués montre parfaitement que le sport-spectacle de compétition est devenu la matrice d’un système affairiste transnational, tentaculaire et opaque. De véritables mafias et organisations criminelles aux multiples ramifications institutionnelles gangrènent le mode de production sportif. Dans ce contexte, seuls les abonnés à l’opium sportif peuvent encore croire aux valeurs prétendument « humanistes », « universelles », « amicales », « familiales » et « éducatives » de la compétition sportive mondialisée. Le système de business sportif sauvage et dérégulé mêle logiquement argent « propre » et « sale » dans le cadre d’une économie ultra-libérale mondialisée. L’institution sportive, adulée par les gouvernements mais peu surveillée et peu contrainte par les lois, est devenue un coffre-fort opaque à l’origine du glissement mafieux que certains de ses dirigeants rendent aujourd’hui, avec un certain cynisme, responsable de tous les vices. La progression de la criminalité dans le sport professionnel – et par percolation, à moindre échelle, dans le sport amateur – n’est pas seulement le résultat d’une « offensive marchande » qui lui serait extérieure et étrangère. L’organisation mafieuse des multinationales sportives a aussi largement provoqué la criminalisation des échanges marchands. Plutôt qu’otages du capitalisme prédateur, le sport-spectacle de compétition et les sportifs-mercenaires sont manifestement complices de ce qu’il faut bien nommer une monstrueuse mécanique d’enrichissement.

Bonne lecture !

Le Bootcamp vous connaissez ? Mais si, rappelez-vous. Bob vous en a déjà parlé ici . Même qu’il était tellement accro, qu’il avait investi dans des kettlebells (clic) et un vélo de spinning, qu’il a revendu. Vous vous en souvenez maintenant du Cross fit ? Oui bon Boot camp, Cross fit c’est pareil. C’est tendance, ça vient des Etats-Unis et c’est du training intensif à pratiquer avec précaution.

Bon alors moi, avec deux ans de retard sur Bob et 5 ans sur le fitness mondial, j’ai également voulu tester pour vous  à Bordeaux ce sport made in USA Army. Un dimanche. Alors même que nous aurions pu aller déjeuner avec des amis au Cap Ferret. Toujours et encore cette conscience professionnelle de la blogueuse sport et bien-être qui me perdra. Y’a des fois j’ai du mal à me comprendre moi-même.

Hier donc pendant que vous finissiez votre déjeuner dominical ou que vous vous apprêtiez à partir à la plage, voire que vous finissiez votre déjeuner dominical à la plage, moi avec mon mari-photographe et mon fils en bandoulière j’ai débarqué en retard à Mérignac pour une séance de deux heures (deux heures !) de Bootcamp, coachée par Nico et Manu. Mais non pas le mien de Manu, un autre.

Un chouillat surprise dès mon arrivée d’être accueillie par des coachs en tenue camouflage (total look), j’ai fait comme si de rien et accepté d’enfiler le tee-shirt blanc siglé Intersport réglementaire que les sergents sport m’ont tendu.
Dois-je préciser que je me suis exécutée sous le regard affligé et réprobateur d’un Bob désespéré dont les yeux criaient VENDUE au grand capital ( alors que le tee-shirt en question n’était même pas technique !).

Bref.

Sur la table d’accueil de ce Boot Camp, des abricots secs, du chocolat noir, des bananes, de l’eau. Comme je sortais de table justement, que mes 3 kg en trop étaient venus avec moi et que Sergent Bob was watching me, j’ai poliment décliné l’offre. J’aurais pas du.
Autour des coachs, la Boot Camp team du dimanche : neuf filles et deux garçons, tous plutôt jeunes et très motivés voire heureux d’être là. Tous attendaient impatiemment les instructions des instructeurs pour commencer à s’épuiser physiquement. Car c’est bien là tout l’intérêt du Boot Camp : se fatiguer à l’extrême, se vider, pleurer d’épuisement, repartir fourbu, éreinté, claqué, vanné mais repu d’efforts physiques et de dépassement de soi. Pour 20€ la séance. Pas donné donné. Mais pas plus cher qu’un cours de yoga.

Début classique avec un échauffement classique, petite course en petites foulées. Ça j’ai su faire. Ambiance vraiment bon enfant, les jeunes recrues avaient l’air de se connaître, d’être venus entre amis. C’était plutôt sympa jusqu’à ce que Manu, the coach, pas Bob, siffle la fin du sport plaisir.
Tous à terre en position de pompe. 10 ou 20 tractions au sol et hop re-course. Sifflet, tous à terre. Gainage statique. Re-tous debout. A terre. Debout. Et re-comme ça pendant un certain temps. Rythme cardiaque et soleil au zénith, j’ai faim, j’ai soif. Tout va bien quand tout à coup, les bootcampeurs entonnent en choeur LA chanson. Celle que tout bon Boot Camper se doit de connaître pour faire monter la cohésion du groupe. Sur l’air des Petits Filous de Gervais (clic tu vas voir, elle va te faire la semaine). Je vous épargne les paroles. Ne me remerciez pas.

Et allez une farandole plutôt sympa où l’on se tient tous par la main emportés par le coach qui nous fait grimper et descendre des tables, nous entortillent autour des arbres et nous annoncent alors qu’on peine à reprendre notre souffle que c’est MAINTENANT le moment des tests physiques.
J’enchaîne les pompes,  sauts, squatts et abdos sous le décompte précis de mon binome, Véro. Chacun doit battre son propre record du monde en une minute. Je suis capable de fournir un certain effort pendant 30 secondes, après je cherche la plage.
C’est là que j’ai commencé à décrocher. Un peu.

En vrai, c’était dur mais des temps de pauses plutôt longs entre chaque série et mes j’en peux plus j’arrête à répétitions ont eu raison du parcours de G.I Joe de la vraie-fausse guerre d’Irak made in NYC.
Et puis comme on se dit tout, il faut que je sois honnête et que je vous avoue que des abdos oui, des sauts peut-être, à toute vitesse ok pour battre l’équipe adverse c’est drôle mais au détriment de la bonne position, du bon mouvement fait en conscience, celui qui ne va pas vous tuer le dos pour le reste de la journée, ce n’est pas my cup of tea. Voyez ?

J’en ai discuté très librement à la fin de ma séance (j’ai jeté l’éponge au bout d’1h30) avec l’un des deux coachs, qui m’a clairement dit que le but du jeu était le dépassement des limites, l’émulation, l’esprit d’équipe, le goût du challenge. Le ludique (on change d’exo constamment) et l’exotisme (vive les gages infligés aux Boot Campeur qui sont à la traîne) (évidemment toujours les mêmes) en plus. Le Boot Camp a donc ses priorités que la bonne exécution des mouvements en toute sécurité ne connait pas.

C’est dit. Vous savez tout.

Je suis ouverte au débat. Démontrez-moi que j’ai tort, invitez-moi à tester, je ne demande qu’à changer d’avis…

Les photos de Bob pour finir et oui c’est moi qui rampe.

 

 

 

 

 

 

Les jobs de Mel, journaliste, blogueuse, community manager, comportent de nombreux avantages.
Voire des privilèges.
L’interview de Benjamin Malaty pour CUBEEK samedi soir au téléphone en est un. J’y ai assisté en catimini, dans un coin, avec le sentiment de ne pas être à ma place. Faut dire qu’avec mes 3h23 à Barcelone, j’avais un peu peur de poser la question du mec qui croit savoir mais en fait non.

D’ailleurs je l’ai posée.

– Vous avez couru un semi-marathon de préparation ?
– Non, c’est vrai que j’aurais pu mais non, quand je m’inscris à une course, je la fais à fond et je n’ai pas voulu me griller sur un semi quelques semaines avant le marathon.

Çà, c’est fait.

Heureusement que Mel n’a pas ma pudeur ni mes angoisses métaphysiques, c’est une femme. En plus elle est journaliste. Elle a pu poser sans risque toutes ses questions. Sachant que 99,9% de ses CUBEEK-lecteurs ne sont pas marathoniens, elle a préféré enlever ses jambes de coureuse avant l’entretien, histoire d’être au niveau. Benjamin n’a donc pas su qu’il avait affaire à l’élite des journalistes-runneuses. Impossible pour lui de le découvrir par les questions posées… « mais c’est quoi au juste le seuil ? et le demi-fonds c’est quelle distance ? et sinon, l’été vous courez des cross-country de combien ? ».

Bref.
Je vois deux féministes qui crissent des dents, passons à l’acte.
Benjamin, Ben de son e-mail, est le 1er français au marathon de Paris 2012, en 2h13’15’’. C’est sûr. Sûr que s’il avait été kényan, on n’aurait pas parlé de lui. Mais en France, à l’heure de la marine à voile et de l’exaltation du sentiment national, impossible de passer à côté de sa perf’, d’autant que Benjamin n’a que 25 ans et que c’était son 1er marathon.

Sitôt la ligne d’arrivée franchie, les caméras de France 3 se sont fixées sur lui comme de gros yeux bleu-blanc-rouge, les micros se sont collés à lui comme des cocardes sur des voitures officielles. Le temps d’un dimanche en avril 2012, Benjamin Malaty a incarné la France du sport, celle des valeurs et du labeur, bien loin des paillettes et des millions des stars du foot et du tennis exilées en Suisse. Sans le savoir, Benjamin a ouvert avec sa 1ère place de 1er français au marathon de Paris une boîte à musique qui pendant plusieurs jours a joué la Marseillaise à ses oreilles, à chaque fois qu’il a parlé. Ses jambes ont fait de lui l’égal du Général de Gaulle descendant les Champs-Elysées le jour de la libération de Paris.

Rien que ça. Nan là c’est moi qui déconne.
En vrai son podium virtuel l’a aspiré dans une bulle médiatique faite d’invitations presse locale, France 3, Sud-Ouest,… et même une fiche d’identité vide sur L’Equipe.fr (clic), les salauds ! J’arrête de plaisanter sinon on va croire que je me moque alors que pas du tout, c’est juste que je n’aime pas les hagiographies et que Benjamin Malaty est un mec très sympa, très simple et passionné par sa passion que j’avais moi aussi avant, la course à pied. Et qu’il ne mérite pas d’être réduit à un portrait technique ou à un podium franco-hexagonal, comme l’a vu la presse-réductrice toujours à la recherche de symboles et de cocoricos à pas cher. Et  pas longs. Parce que les pseudozexploits des Girondins de Bordeaux ont vite remplacé Benjamin Malaty à la une du quotidien Sud-Ouest et que la ville va engloutir des millions dans un grand stade inutile. Au lieu de soutenir un coureur qui court vers son devenir.

Je ferme la parenthèse.

En l’écoutant parler, j’ai appris qu’il a débuté la course à 9 ans, qu’il a hésité avec le foot (le saint homme), et qu’il était adepte du demi-fond jusqu’à l’été dernier, où, plafonnant dans ses perf’, il s’est donné comme objectif de courir 42,195 km dans la capitale le 15 avril 2012. Des entraînements en biquotidien, avec de la préparation physique et des séances de course à pied, au seuil ou à allure marathon. Son coach, agenais, un certain Messaoud Settati, le suit à distance depuis que Benjamin fait des études à Bordeaux et s’entraîne à Talence.

1ères perf’ à 17-18 ans, du 800 au 3000 m. Champion de France de cross-country l’hiver dernier. Excusez du peu. Du cross au marathon il y a un grand pas qu’il a franchi allégrement du haut de ses 25 printemps.

A part ça Benjamin pèse 62 kg pour 1m80, moi qui me croyais mince… Ses pulsations au repos sont inférieures à 40, et sur le marathon, entre 150 et 155 environ. Environ parce que Ben a couru sans cardiofréquencemètre, il a eu peur d’être gêné. Et si tout ceci expliquait ma contreperf’ à Barcelone ? j’ai dû être gêné moi aussi par mon GARMIN et par mon petit cœur qui s’emballe quand Mel est à mes côtés…

Sur le parcours, comme tout marathonien qui se respecte, Benjamin a souffert. A partir du 35ème, ses quadriceps se sont tétanisés, il a même craint les crampes. Dans sa difficulté une seule solution, tenir le coup, maintenir le rythme et l’effort, 3’10 au km. Et visualiser mentalement les distances plus courtes qu’il a l’habitude de courir, 7000 m, 3000 m… Effrayant, même en rêve.

Je lui ai demandé comment il pouvait savoir qu’il irait au bout sur ces bases sans jamais avoir approché la distance ? réponse très simple. Le doute ne fait pas partie de sa gestion de course même dans le dur. Il doit le faire donc il peut le faire. L’entraînement est conçu pour un objectif, il a suivi l’entraînement, donc tout est sous contrôle. Il visait 2h13’40, il a bouclé le marathon en 2h13’15’’.

Well, well, well.

Une fois la ligne d’arrivée franchie, il n’arrivait plus à marcher, exténué qu’il était par des sensations de course qu’il n’avait jamais connues. Mais pas que. Les micro-déchirures musculaires et tendineuses sont autrement plus douloureuses que les montées d’acide lactiques du demi-fond.
Tout au long du parcours, il a apprécié l’ambiance, ses amis, ses proches venus le soutenir. Son coach, lui, le regardait  la télé. Ben ne s’est pas rendu compte de ce que signifiait finir devant tous les autres tricolores. Avant les ultimes mètres de l’avenue Foch.
Il est resté sur l’euphorie de son exploit plusieurs jours, les interviews se sont enchaînées, il a savouré qu’on s’intéresse enfin à lui et à son sport. Ses premiers 42,195 kilomètres en 2h13 lui ont ouvert les portes d’un monde nouveau. Un monde peuplé de gens qui parlent de sa discipline sans rien n’y connaître. Des prochains Jeux Olympiques et des trois minutes qui le séparent du minima national qualificatif, 2h10, une paille quand on est journaliste, une poutre pour un demi-fondeur.

Son prochain marathon ? Pas avant 18 mois. Modeste, il sait bien qu’il doit récupérer de son effort, qu’il est encore jeune, que le marathon est traumatisant, qu’il a encore beaucoup à apprendre. Et puis Benjamin a aussi une vraie vie, et là, les obstacles se franchissent moins facilement que le mur du marathon. Benjamin et son Master en aménagement du territoire cherchent du boulot.
J’ai son CV, je vais le faire circuler. A l’inverse de Nicolas Sarkozy, Benjamin Malaty a vraiment besoin qu’on l’aide et il le mérite. Si vous pouvez faire quelque chose pour lui, la France vous le rendra au centuple. Quand il défendra nos couleurs lors du marathon des Jeux Olympiques de 2016.

Moi j’y crois.


Quand tout l’monde dort tranquille
Dans les banlieues-dortoir
C’est l’heure où les zonards descendent sur la ville
Qui c’est qui viole les filles
Le soir dans les parkings…

Ne me remerciez pas pour cet air entrainant des 80’s que je viens de vous mettre dans la tête et qui va vous faire la semaine. J’en avais un peu besoin pour planter le décor du sujet du jour. Parce qu’aujourd’hui, scoop : on va parler sport. Ouééééé !
On va même parler sport de combat. Pour être exacte, on va surtout parler self-defense de rue. Discipline très à la mode chez nous, les filles. On va parler Krav-Maga.

Pas vraiment discipline sportive, ni art martial, le Krav-Maga («combat rapproché» en hébreu) est une technique de self-defense israélienne. Pour la petite histoire, le Krav-Maga a été créée dans un contexte de guerre pour  permettre au peuple juif de se défendre juste, vite et bien. La technique très pragmatique a vite été adoptée par de nombreuses troupes d’élites dans le monde avant d’atterrir dans les dojos il y a quelques années. Tout ça a été très bien adaptée au grand public, exit les treillis et autres discours paramilitaires. Ou alors fuyez !

Pour nous les femmes c’est aussi un moyen très concret et des techniques plutôt simples, rapides et efficaces utiles en cas de mauvaise rencontre dans une rue mal éclairée.

Un soir, après avoir couché le petit nain et l’avoir donné en baby-sitting à son ado de frère, Bob et moi sommes allés jeter un oeil au cours de Krav du club Krav Maga Israeli Bordeaux (KMIB). Au fond d’une impasse mal éclairée justement. Heureusement que Bob était là sinon jamais je n’aurais osé m’aventurer dans ce gymnase reculé du Cours Saint Louis à Bordeaux. Dans le quartier très bobo des Chartrons où il ne se passe jamais rien. Oui je sais. Mais moi j’ai peur quand même.

J’avais averti de notre venue, prévenue que je venais faire un test pour un article. L’accueil téléphonique avait été très chaleureux, l’instructeur m’avait proposé de tester son cours et enjoint de venir avec un bas de jogging, un tee-shirt manches courtes, une paire de chaussures à semelles fines. Et puis, je me suis un peu dégonflée, j’ai préféré arriver en jeans, manteau et bottes pour dissiper tout malentendu. Et bien m’en a pris !

Nous sommes arrivés alors qu’un cours se terminait et qu’un autre allait commencer. 40 personnes (au moins) dans l’un et 40 autres (au moins) dans l’autre. Impressionnant.

Le cours a commencé à l’heure (pile) par un échauffement des articulations et des muscles. Dans un silence biblique. 40 personnes, un tiers de filles et pas un chuchotement. Puis est venu le temps de l’effervescence, celui de l’échauffement dynamique. Moins conventionnel mais toujours aussi silencieux.

Pourquoi moins conventionnel ? Parce que la consigne était de courir droit devant soi, vite. Jusque là rien d’exceptionnel. Sauf que chacun devait partir dans le sens de son choix sans s’être concerté avec son voisin, encore moins avec les 39 autres personnes de l’assemblée. Le but du jeu étant d’éviter de s’aplatir contre un petit camarade qui arrivait à pleine vitesse en face puis au signal du prof de tomber au sol et d’enchaîner les tractions, de se relever, de re-foncer droit devant ou droit derrière. Bonne condition physique, réflexes et tonus exigés.

S’en est suivi une chorégraphie ciselée au cours de laquelle les élèves, alignés dos au mur, ont enchainé sans broncher les gauche-droite-crochet-uppercut-coude-coude. Coude-coude-gauche-droite-uppercut-COUDE !

Excellente coordination des mouvements et sens du rythme souhaitables. Sinon c’est pas la peine.
C’est là que je me suis re-félicitée d’avoir fait le bon choix. Celui de NE PAS AVOIR VOULU TESTER.

La suite aussi a confirmé mon bon choix. Ils sont passés au corps à corps ou comment neutraliser rapidement un adversaire qui se rue sur vous avec un couteau. En plastique. Réalisme garanti.
Ou comment crever les yeux, mordre, éclater les parties et neutraliser les cervicales d’un éventuel agresseur.

Un poil trop violent pour moi, j’avoue.

Certes une démonstration impressionnante de discipline, de rigueur, de travail, de précision. Mais au final, je ne sais que vous dire. Si ce n’est vous poser une question. Qu’en pensez-vous ? Cela vous semble-t-il utile ?
Je veux dire se défouler, oui. Se rassurer, peut-être. Transpirer, surement.
Mais se former à des techniques de combat aussi brutales pour lutter contre qui, contre quoi ?

 

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